La rentrée des classes, c’est ce moment magique où les enfants retrouvent leurs copains, leurs profs et leurs poux, pendant que les parents retrouvent leur banquier, leur ostéopathe et leur ulcère à l’estomac. Car oui, la rentrée, ce n’est pas qu’un paquet de cahiers 24×32 grands carreaux à acheter à l’Intermarché d’Hendaye (au rayon papeterie transformé en champ de bataille). Non, la rentrée, c’est aussi, probablement, son lot de grèves et de manifs. Parce que chez nous, en France, c’est simple : si septembre ne commence pas par un cortège de banderoles et de merguez grillées sur le bitume, c’est qu’on a raté la saison.
Les parents : Koh-Lanta version “fournitures scolaires”
La rentrée commence toujours pareil : des parents hagards, caddies à la main, errant dans les allées du supermarché à la recherche du Graal. “Cahier polypro 96 pages, petits carreaux, sans spirales mais avec marge rouge à gauche et verte à droite”… Une demande qui ressemble plus à un sortilège vaudou qu’à une liste scolaire.
Pendant que papa se bat avec le rayon stylos (où il n’y a plus que des BIC mâchouillés et un Stabilo orange fluo), maman négocie une trêve fragile avec d’autres parents devant le dernier compas Maped disponible. Bref, c’est Verdun mais avec du scotch repositionnable.
Les profs : “On reprend la lutte, pas les cours”
Et quand, enfin, le petit Kevin est prêt, cartable neuf sur le dos et baskets toutes blanches, paf ! Les syndicats annoncent une grève.
“Pas de bol Kevin, aujourd’hui pas d’école, ton instit bloque l’inspection académique avec un tambour et des slogans rimés.”
On connaît le refrain : grève des profs pour dénoncer les classes surchargées, grève des surveillants pour dénoncer leurs salaires au lance-pigot, grève des cantinières pour exiger qu’on arrête de servir du “poisson pané qui panique”… Bref, si septembre rime avec “cahier”, il rime surtout avec “CGT”.
Les élèves : “Manif ou récré, même combat”
Les gamins, eux, s’en foutent. Une manif à la rentrée, c’est un jour bonus. Pas de dictée, pas de problèmes de maths, pas de cross sous 30 degrés. Alors ils regardent BFM avec papa et demandent :
— “Papa, pourquoi les gens bloquent le tram ?”
— “Parce que, mon fils, en France, bloquer le tram c’est un sport national, comme le rugby ou le pastis.”
Les parents bis : entre burn-out et nostalgie
Mais derrière, les parents râlent. Eux qui avaient déjà prévu la rentrée dans un emploi du temps millimétré, à savoir déposer Kevin, filer au boulot, récupérer Léa au centre aéré, jongler avec les horaires de métro, se retrouvent à improviser du télétravail avec deux enfants excités sur le canapé.
Résultat : maman finit sa réunion Teams avec un casque de chevalier Playmobil sur la tête, pendant que papa corrige un dossier Excel avec des traces de feutre vert sur son costume.
Les syndicats : septembre, c’est notre Fashion Week
Soyons clairs : pour les syndicats, la rentrée c’est un peu leur Fashion Week. Ils sortent les nouvelles banderoles “2025 Collection automne-hiver”, repassent les gilets rouges et révisent les slogans. “On lâche rien”, “Tous ensemble” et le fameux “Grève générale illimitée”… C’est comme les tubes de l’été, ça revient tous les ans.
Les flics, eux, connaissent déjà la choré : encadrer le cortège, récupérer les fumigènes, minorer l’effectif des grévistes et espérer que ça ne finisse pas en bataille de merguez trop cuites.
Le gouvernement : “Tout va bien, circulez”
Évidemment, Bercy fait semblant de découvrir que les syndicats râlent. Comme chaque année. Les ministres sortent des phrases molles :
— “Nous comprenons l’inquiétude des enseignants.”
— “Nous avons pris la mesure de la situation.”
Traduction : on n’a rien prévu, mais on va noyer ça dans des chiffres et des promesses creuses. Pendant ce temps-là, le ministre s’achète un nouveau vélo pour aller à l’école… à Majorque.
Verdict
Alors, la rentrée des classes, c’est quoi finalement ? Un mélange d’angoisse parentale, de combat syndical, de nostalgie enfantine et de désorganisation nationale. Chez nous, septembre ce n’est pas un mois, c’est une épreuve d’endurance.
Mais râler fait partie de l’ADN français. Si les profs ne faisaient pas grève, si les parents ne pestaient pas contre les listes scolaires et si les élèves n’espéraient pas un jour de congé surprise, ce ne serait pas la rentrée.
La vérité, c’est que la rentrée, sans manif et sans embrouille, ça ressemblerait à un été indien en Bretagne.
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