Pottok power : le petit cheval basque qui a tout d’un grand

Petit par la taille mais sacré client dans les mollets, le pottok, c’est la fierté qui trotte du Pays basque. À flanc de montagne, à deux sabots de l’Espagne, ce poney-cheval made in Euskal Herria fait le job sans broncher. Rando, pierriers, sentiers casse-gueule : ça grimpe, ça tourne, ça passe partout. « C’est un poney couteau suisse », résume en substance Argitxu Yriarte, du centre équestre Larrun Alde à Urrugne. Pied sûr, caractère bien trempé et moteur increvable… même pour traverser une rivière, à condition que monsieur soit d’accord.

Nés et élevés encore dans leur montagne, les pottoks jouent clairement à domicile. Rouquine de Larrun, par exemple, n’a jamais quitté son terrain de jeu naturel : ici, c’est son biotope, son royaume. Avec leurs oreilles dressées, leur carrure trapue et leur taille mini (entre 1,15 m et 1,38 m, pas plus haut qu’un comptoir) ces montures rustiques ont appris à survivre avec peu et à encaisser beaucoup. Jean-Michel Lopez les élève depuis plus de cinquante piges, histoire de garder vivante une bête qui fait partie du décor autant que les crêtes et les brebis.

Car le pottok, au delà d’être un cheval sympa pour la balade du dimanche, c’est une légende sur quatre sabots, vieille de plus de 3 000 ans. Attelage, transport, compagnon du quotidien : chaque famille basque en avait un à l’époque. Même le président Pompidou repartait avec son pottok sous le bras lors de ses visites. Côté espagnol, certains élevages, comme ceux d’Aitor Iraeta, sont carrément sous cloche, protégés par l’État : robes noires, crinières sombres, ADN nickel chrome. Ces pottoks vivent en semi-liberté, sur les sommets, gardiens poilus d’une tradition qui refuse de finir au musée. Parce qu’ici, préserver le pottok, ce n’est pas du folklore : c’est une question d’honneur.


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