À Anglet, on ne “surfe” pas que sur la vague : on surfe aussi sur les bonnes idées. NOTOX, pionnière du surf éco-conçu, compte lever pas moins de 450 000 boules pour prouver qu’on peut rider propre sans se faire enfumer par l’industrie. Entre planches au lin, liège, carbone upcyclé et moulage sans déchet, la bande de shapeurs veut prouver qu’on peut être cool, engagé et performant sans laisser un goût de pétrole dans la bouche. Une histoire de glisse, de convictions et de gros billets investis pour que la planète arrête enfin de boire la tasse
À Anglet, temple du surf européen, la tribu de NOTOX n’a jamais eu peur de ramer à contre-courant. Depuis 2009, ces doux dingues tentent de réconcilier les surfeurs avec ce qu’ils prétendent aimer : l’océan, la nature, les dunes, bref, tout ce qu’ils abîment malgré eux à coups de planches bourrées de pétrole et de résines toxiques. Autant dire que l’industrie, depuis des années, ressemblait plus à une marée noire qu’à un swell propre.
Alors quand NOTOX annonce vouloir lever 450 000 € (100 000 € via WeDoGood et 350 000 € en capital-investissement) c’est un peu comme voir un surfeur replaquer un 360 air après trois jours de flat : ça met la banane. “Nous sommes à un moment charnière”, glisse Pierre Pomiers, cofondateur et CEO, avec la sobriété d’un type qui sait qu’il tient un tube parfait. Grâce à cette cagnotte, la bande peut accélérer sa mission : fabriquer des boards qui ne bousillent ni les océans ni les poumons des shapeurs.
Car oui, derrière les paillettes du surf, ça gratte sec. Les planches classiques laissent un trail de pollution digne d’un pétrolier : mousses chimiques, solvants toxiques, déchets à la pelle. En clair, un sport qui parle beaucoup d’amour de la nature, mais qui balance ses mégots dans les vagues. NOTOX veut y mettre fin : “Chaque investissement compte, et constitue un pas vers une industrie plus responsable”, insiste Pomiers. Traduction : marre des planches qui puent l’essence et la triche écologique.
KORKO : la board pour tous, moulée propre et prête à rider le monde
Premier axe de développement : KORKO, la gamme accessible, produite à Taïwan. Dit comme ça, certains puristes vont hurler qu’on exporte le savoir-faire. Sauf que non : la fabrication est pensée pour être propre, sans chute de matière, moins énergivore et plus légère. Résultat : 23 % d’impact environnemental en moins par rapport au modèle angloy. Et malgré le transport maritime, les émissions baissent de 16,8 %. Comme quoi, quand on bosse bien, on peut traverser la planète sans laisser une traînée de CO₂ digne d’un jet privé.
Ces boards moulées façon Swiss-made de l’écoconception pourraient déferler sur les spots américains et australiens. Le genre de planches qui parlent à ceux qui veulent juste apprendre à surfer sans se ruiner… ni ruiner la planète. Du surf “cool”, sans arrière-goût de fioul.
NOTOX Premium : le haut de gamme angloy qui sent bon le lin et les doigts de fée
Second axe : la gamme Premium Made in France, le haut du panier, la planche que tu poses dans ton salon quand t’es pas à l’eau. Ici, pas de moulage taïwanais. On reste dans l’atelier d’Anglet, où l’équipe fabrique chaque board à la main, avec lin, liège, résines biosourcées, carbone upcyclé, et un amour du boulot bien fait qui ferait pleurer un menuisier landais.
C’est le fleuron de la maison, la planche pour les surfeurs qui veulent envoyer du pâté en respectant Mère Nature. Artisanat, personnalisation, durabilité, performance : on est sur une carte Michelin du shape responsable. Un savoir-faire qui impressionne jusqu’à des mastodontes comme Airbus, Dior, Lacoste ou Tod’s, tous clients ou partenaires. Pas mal pour une bande de shapeurs qui préfèrent les tongs au smoking.

Une industrie du surf qui flotte entre contradictions et hypocrisie
Soyons cash : le surf, c’est génial, mais l’industrie est un peu l’ami relou qui dit “j’adore la nature” tout en jetant sa canette dans les dunes. Planches non recyclables, solvants crados, fabrication opaque, santé des shapeurs mise en danger… le secteur patauge dans un océan de paradoxes. Et pourtant, jamais les surfeurs n’ont autant parlé écologie. Un grand écart digne d’un yogi dopé à la wax bio.
NOTOX, elle, veut arrêter les conneries et remettre de l’ordre. Matériaux naturels, recyclés, upcyclés. Production responsable. Process propres. Innovations techniques. Bref, un surf aligné avec ce que les riders prêchent. Ou comment arrêter de faire semblant d’être green pendant qu’on se met à l’eau avec une planche qui pollue comme un cargo ouzbèke.
Si NOTOX rame, c’est pas contre la marée : le marché mondial du surf vaudra plus de 100 milliards de dollars en 2033. Une croissance qui ferait rêver n’importe quel business angel. L’entreprise basque ambitionne de doubler son chiffre d’affaires dans les cinq ans, pour atteindre 2 millions d’euros, sans renier son ancrage local ni sa philosophie “ride propre ou rentre à la maison”.
Dans un monde où tout le monde veut surfer et où les marques se battent pour vendre des planches toujours plus flashy, NOTOX joue la carte opposée : faire simple, propre, durable. Et visiblement, ça plaît.
Une mission : un surf éthique qui ne laisse personne dans la mousse
Depuis 2006, l’objectif est le même : fabriquer des planches alignées avec les valeurs des surfeurs. Pas celles qu’ils postent sur Instagram, mais les vraies : respect du vivant, amour de l’océan, conscience des impacts. “Réconcilier surf et nature”, résume Pomiers. Une phrase qui sonne comme un mantra dans un monde où la wax écologique reste trop souvent un gadget marketing.
Produire des planches plus durables, c’est aussi protéger la santé des shapeurs, souvent exposés à des produits bien plus toxiques que la pire eau de rinçage après une session d’orage. À Anglet, l’atelier tourne façon laboratoire positif : innovation, sobriété, savoir-faire, et toujours ce désir un peu têtu de changer la donne.
NOTOX ne veut pas juste faire des planches. Ils veulent changer la manière de faire des planches. Et si leurs boards flottent si bien, c’est peut-être parce que leur projet, lui, ne coule pas : il avance, rame, prend de la vitesse et commence à tracer une trajectoire que beaucoup risquent de suivre.
Une levée de fonds propre, une ambition claire, un discours sans chichi, une équipe bordée de convictions : bref, du surf comme on aimerait en voir plus souvent. Un surf qui respecte autant la vague que la planète.
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