L’Europe fait des hauts, des bas pendant que l’inflation US propulse les indices au ciel




C’est peu dire que les marchés européens ont passé une journée à la ramasse, façon portefeuille troué après un craquage en crypto. Jeudi soir, ça sentait l’ambiance salle des marchés après un mauvais pari : du café froid, des yeux cernés et des courbes qui déraillent. Le CAC 40, ce vieux briscard qui aime bomber le torse quand tout le monde panique, a finalement terminé en petite baisse de 0,09 %, pour s’empaler sur les 8 114,74 points. Pas de quoi crier au krach, mais assez pour sortir un « pfff » collectif. Sur la semaine, le machin perd 0,10 % : autant dire que même une tirelire en forme de cochon ferait mieux avec un billet de cinq dedans

Pendant ce temps, l’EuroStoxx50, toujours content de faire l’intéressant, grappille 0,13 % à 5 725,63 points, histoire de montrer qu’il ne fait pas tout-à-fait le même régime que son cousin parisien. Mais la vraie curiosité du jour, comme souvent, venait de l’autre côté de l’Atlantique, où Wall Street jouait les fragiles mais optimistes : un Dow Jones qui grimpe de 0,28 % vers 17h50, façon ascension en sandales sur un mur d’escalade. Une performance limitée, certes, mais avec un 10 ans américain qui remonte à 4,13 %, c’est presque un exploit. Quand les taux montent, les traders transpirent, et les actions font semblant de ne pas voir le problème.

Et si tout ce petit monde retenait son souffle, c’est parce que tombait la donnée la plus surveillée de l’univers, à savoir l’indice PCE core, l’indicateur préféré de la Fed. L’équivalent financier du bulletin de notes du trimestre : si c’est bon, on respire ; si c’est mauvais, papa Powell sort la règle en bois. Et cette fois, ça passe juste : +0,2 % sur le mois de septembre, pile dans les clous. Sur un an, +2,8 %, légèrement mieux que les 2,9 % attendus. Autant dire que les économistes américains ont poussé un discret « yes » avant de retourner regarder leur modèle Excel qui rame depuis 2018.

Bastien Drut, stratège chez CPRAM, y va de sa petite analyse en mode maître du marché. Selon lui, le core PCE ressort « nettement en dessous » de ce que prévoyait la Fed pour fin 2025, ce qui ressemble à un gros clin d’œil vers une baisse des taux dès décembre. Et possiblement une suite en 2026, parce qu’avec la consommation US qui tire la tronche, difficile de jouer au cow-boy monétaire.

Pourtant, côté ménages américains, tout ne part pas en vrille. Les dépenses ont augmenté de 0,3 % en septembre (comme prévu), les revenus de 0,4 % (mieux que prévu). Les foyers font les soldes, mais avec prudence : on n’achète plus trois télés 4K et un jacuzzi gonflable juste pour fêter Halloween, faut pas pousser.

Fast forward trois mois. L’ambiance change. Le consommateur US reprend un poil de moral : l’indice de confiance de l’Université du Michigan rebondit de 51 à 53,3 points alors que tout le monde attendait 52. Le sous-indice des attentes grimpe, lui, de 51 à 55, un bond tellement inattendu qu’on imagine le statisticien en charge hurler « WHAT ? » dans son bureau avant d’aller fêter ça avec un donut à la cannelle.
Les anticipations d’inflation, elles, redescendent un chouïa : 4,1 % sur un an, 3,2 % sur cinq ans. Pas de quoi faire tourner la tête de Powell, mais assez pour que les traders se remettent à sourire entre deux lignes de coco.

Les valeurs : qui brille, qui déraille ?

Dans le CAC 40, pendant que certains titres font la fête, d’autres se prennent les murs. STMicroelectronics, par exemple, s’en sort comme un champion de NASDAQ-Land : meilleure performance de la semaine grâce à des publications sectorielles bien flashy chez Marvell et Microchip. Les mecs sont portés par la hype comme une start-up qui annonce un nouveau logo.

Chez les constructeurs auto, c’est distribution de bons points : Stellantis grimpe grâce à UBS, Renault grâce à Bank of America. Quand les banques lèvent le pouce, les actionnaires ronronnent. Logique.

En revanche, pour Airbus, c’est la semaine où le moteur tousse, l’aile tremble, et l’équipe au sol se demande où est passé le manuel. Entre un logiciel de commande sensible aux radiations solaires (oui, oui, le futur c’est maintenant) et un problème de panneaux de fuselage chez un fournisseur, l’avionneur fait grise mine. Résultat : objectif de livraisons 2025 raboté à 790 appareils. On a connu des décollages plus propres.

L’Europe en mode “ordre dispersé”

La conclusion de tout ça ? L’Europe avance comme un troupeau de tortues sous Guronsan, chacun dans sa direction. Certains indices montent, d’autres descendent, d’autres attendent qu’on leur explique pourquoi. L’inflation américaine fait toujours trembler les mains qui tiennent les portefeuilles, et la Fed continue de jouer au grand maître du tempo économique mondial.
Les marchés, eux, oscillent entre euphorie timide et coup de mou permanent.

Bref, dans le grand casino de la finance mondiale, cette journée avait tout du tirage loto où personne ne gagne vraiment, mais où tout le monde vérifie ses numéros “au cas où”.
L’Europe regarde l’inflation US comme on regarde un voisin bruyant : avec agacement, curiosité, et la peur que tout explose à 3h du matin.


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