Dans un monde où tout va trop vite, où le lait arrive parfois plus vite sur les étagères que dans le pis, La Laiterie Caprine débarque comme une chevrette punk dans un troupeau bien rangé. Ici, pas de bêêêlement marketing creux ni de bidons industriels planqués sous une étiquette “authentique”. Non. Ici, ça sent le vrai, le vivant, le lait encore chaud dans l’esprit, même s’il a pris l’ascenseur pour atterrir en pleine ville. Bienvenue dans une aventure caprine qui a du pis… et du panache
Tout commence par une histoire de famille, comme souvent quand ça sent bon la transmission et le savoir-faire. Une histoire où la chèvre n’est pas un simple animal rigolo sur une carte postale, mais une boussole existentielle. D’un côté, une Marseillaise, élevée entre Cévennes et Corse, avec le soleil dans le cœur et la terre sous les ongles. De l’autre, Maxime, chevrier-fromager pur jus, spécialiste des petits ruminants laitiers, nourri dans le Lot et au Pays basque. Autant dire que la chèvre, chez eux, ce n’est pas une lubie : c’est une évidence. Une affaire de lait maternel… version caprine.
Une chèvre, des racines et un gros ras-le-bol du bidon
Nourris par les voyages, les kilomètres et les remises en question, ils ont eu envie de revenir à l’essentiel. Le vrai. Le simple. Le bon. Pas le “simple” marketing, hein. Le simple qui demande du taf, de la rigueur et du respect. Le lait, ce jus vivant issu du vivant, fragile comme un équilibre financier après un mauvais budget, mérite mieux que d’être traité comme un liquide anonyme. À La Laiterie Caprine, on le regarde droit dans le pis et on lui dit : “T’inquiète, on va bien s’occuper de toi.”
Le concept est aussi culotté qu’une chèvre sur un muret : une laiterie urbaine spécialisée uniquement dans le lait de chèvre, et à notre connaissance, un ovni total en France. Ici, pas d’élevage sur place, pas de bottes pleines de crottin dans l’arrière-boutique. Les fondateurs sont artisans laitiers, pas éleveurs. Ils bossent main dans la main avec des producteurs locaux, respectent la filière, et transforment le lait à Saint-Palais, en plein milieu urbain. La chèvre fait le lien entre la campagne et la ville, entre le monde paysan et les citadins qui veulent manger autre chose que du plastique aromatisé.
Le lait de chèvre : le crack naturel qui met la vache au tapis
Pourquoi la chèvre et pas la vache ? Parce que le lait de chèvre, c’est un peu le couteau suisse du rayon frais. Déjà, niveau digestion, il met tout le monde d’accord : moins de lactose, plus de protéines, et une légèreté qui évite de finir plié en deux après le fromage. Mais ce n’est pas tout. Il est blindé de vitamines A, D, E, B, de calcium, de phosphore, de magnésium, de zinc, de potassium… bref, un vrai portefeuille diversifié de nutriments. Pas besoin de trader des compléments alimentaires quand on a ça dans l’assiette.
Ajoute à ça des propriétés antibactériennes, utiles pour la peau, les petites plaies, la cicatrisation, et même la gestion du stress. Oui, le lait de chèvre détend. C’est prouvé. Un peu comme une chèvre qui rumine au soleil pendant que le monde s’agite. Et pour couronner le tout, il est riche en oméga-6, ces bons gras qui font du bien au corps sans faire la gueule au miroir.
Une petite gamme, mais une sacrée personnalité
À La Laiterie Caprine, pas question de noyer le client sous cinquante références inutiles. Ici, la gamme est volontairement courte, mais chaque produit a du caractère. Des fromages lactiques frais ou affinés, au lait cru, du fromage blanc, des tomes de pâte molle à croûte lavée… du sérieux, du propre, du savoureux.
Mais les vraies rock stars de l’étal, ce sont eux. Le Canut, ce fromage à tartiner inspiré de la mythique Cervelle de Canuts lyonnaise, revisité façon chèvre qui a voyagé. Et surtout le Petit, ce fromage frais décliné au Poivre fumé, Poivre Verveine, Piment d’Espelette ou Café. Oui, Café. Et ça marche. Ça claque même. Un produit d’appel qui met tout le monde d’accord, du gastronome pointu au copain venu “juste goûter”.
Sans oublier les bouchées apéritives, parfaites pour transformer un apéro banal en moment caprinement sérieux.
Saint-Palais, les marchés et le bouche-à-bêêê
Aujourd’hui, les produits de La Laiterie Caprine se trouvent sur les marchés de Salies-de-Béarn le jeudi, Saint-Jean-Pied-de-Port le lundi, Bayonne le samedi, et bien sûr directement à la boutique. Un ancrage local assumé, une proximité qui sent bon le fromage frais et la poignée de main sincère.
Le local, justement, est un endroit un peu hors normes. Un lieu vivant, hybride, où l’on peut se défouler, bosser, manger, boire un verre, bouquiner ou écouter un concert. Un spot qui attire des profils aussi variés qu’un troupeau de chèvres en liberté. Le hic ? C’est un peu excentré. Du coup, pour attirer plus de monde, la stratégie est simple et efficace : le bouche-à-oreille, la com’, les médias… et bientôt des soirées dégustation dès février, histoire de faire découvrir les produits et les nouveautés en avant-première. De quoi rameuter les curieux et convertir les sceptiques.
Une chèvre tournée vers l’avenir
La Laiterie Caprine ne veut pas rester planquée dans son coin. L’objectif est clair : se faire connaître dans tout le Pays basque et le Béarn, toucher les restaurateurs, les revendeurs de la côte, élargir la clientèle sans perdre l’âme. Les outils sont là : Instagram, Facebook, Google Maps, bientôt une page dédiée sur le Guide du Pays Basque. Mais l’essentiel reste le produit. Parce que quand le fromage est bon, la chèvre parle d’elle-même.
Au fond, La Laiterie Caprine, c’est une claque douce. Un rappel que l’innovation ne passe pas toujours par la techno ou les startups en baskets blanches. Parfois, elle passe par un lait bien traité, une chèvre respectée et un savoir-faire transmis sans baratin. Une aventure urbaine aux racines paysannes, qui prouve qu’on peut être en ville sans oublier le pré.
Et franchement, dans ce monde de lait écrémé d’idées, ça fait du bien de remettre un peu de chèvre dans le moteur.
