Entre France et Espagne, ça ne parle pas que tapas ou confit : ça bosse dur pour concocter un véritable hub agroalimentaire et agrotouristique dans les Pyrénées. Et autant dire que la recette commence à sentir sacrément bon
Dans les Pyrénées centrales, ça ne se contente plus de faire griller des côtelettes ou de couper du jambon en fines tranches. Non, ici, on voit les choses en grand, en XXL même. Avec FOR-ALIMENTA, la France et l’Espagne ont décidé de passer derrière les fourneaux ensemble pour concocter un projet qui sent bon le terroir… et l’avenir bien relevé.
Le principe ? Monter un sacré hub agroalimentaire et agrotouristique transfrontalier. En clair, une sorte de grande cuisine collective où producteurs, chefs, étudiants, chercheurs et artisans viennent touiller leurs idées, échanger leurs recettes et surtout éviter de rester chacun dans leur coin à faire mijoter leur sauce.
Une recette bien ficelée (et pas à moitié cuite)
Au cœur de ce projet, il y a un ingrédient clé : la formation. Parce que oui, sans apprentis bien affûtés, pas de grande cuisine. FOR-ALIMENTA mise donc à fond sur l’éducation, la formation continue et la professionnalisation. L’objectif est simple : filer aux acteurs du territoire les bons ustensiles pour ne pas rester coincés au stade du plat du jour.
Et autant dire que le secteur agroalimentaire et agrotouristique, dans les Pyrénées, ce n’est pas du flan. Il pèse lourd dans l’économie locale, façon cassoulet bien dense. Il façonne les paysages, alimente la culture locale et fait vivre pas mal de monde. Bref, c’est la base du menu.
Du coup, l’idée, c’est de renforcer tout ça en misant sur l’emploi, l’innovation et le maintien de la population. Parce que sans relève, même la meilleure des recettes finit par tomber aux oubliettes.
Une cuisine ouverte à tous (et sans chichi)
Autre point fort du projet : ne laisser personne sur le carreau. Jeunes en quête d’avenir, personnes en situation de handicap ou citoyens un peu à la marge… tout le monde est invité à passer derrière les fourneaux.
FOR-ALIMENTA veut montrer que ces filières ont du potentiel, et pas qu’un peu. Il y a du boulot, des opportunités, et de quoi se construire un avenir solide comme un bon fromage de brebis.
Et pour que ça fonctionne, il faut du réseau. Mais pas le réseau à l’ancienne, plan-plan. Non, un vrai réseau transfrontalier qui envoie du bois : producteurs, distributeurs, chefs, restos, écoles hôtelières… tout ce petit monde connecté pour partager les bonnes pratiques, les astuces et même les circuits de distribution.
Une sorte de grande brigade culinaire à cheval sur deux pays, où chacun apporte sa spécialité sans faire son radin.
Un hub qui ne manque pas de piment
Dans les faits, le projet ne reste pas à l’état de brouillon sur un coin de nappe. Il passe clairement à la vitesse supérieure, avec des actions concrètes et des événements qui font saliver.
Direction d’abord les gros salons, type Salon International de l’Agriculture à Paris ou celui de Tarbes. Là, FOR-ALIMENTA joue en première division, histoire de faire rencontrer producteurs français et distributeurs espagnols. Objectif : ouvrir de nouveaux marchés et éviter que les bons produits restent coincés au fond du frigo.
Côté formation, ça ne chôme pas non plus. Des masterclasses sont organisées pour aider pros et apprentis à optimiser leurs pratiques. En gros, apprendre à transformer une bonne matière première en produit qui claque, sans gâcher ni la qualité ni l’authenticité.
Et parce qu’ils n’ont pas peur de sortir des sentiers battus, les porteurs du projet ont même mélangé cinéma et gastronomie lors d’une journée baptisée « La magia de la gastronomía y el cine de altura ». Un concept un peu barré sur le papier, mais qui montre bien que l’agrotourisme, ce n’est pas juste manger : c’est aussi raconter une histoire, faire vibrer un territoire.
Des jeunes chefs qui passent la frontière sans douane
Autre moment fort : les ateliers gourmands. Là, des étudiants en hôtellerie de Huesca et des Hautes-Pyrénées ont bossé ensemble, toque sur la tête et couteau bien aiguisé.
Résultat : des échanges à la fois culinaires et culturels, et surtout une vraie mobilité transfrontalière. Parce qu’apprendre à cuisiner, c’est bien. Mais apprendre à cuisiner avec d’autres traditions, c’est encore mieux.
Et puis, entre nous, quoi de plus logique que de mélanger les influences quand on partage la même montagne ?
Du terroir, du local et du costaud
Au-delà de la formation et des événements, FOR-ALIMENTA a une autre obsession : valoriser les produits du coin. Le fameux « km 0 », qui évite de faire voyager une tomate plus qu’un touriste en plein mois d’août.
Le projet planche aussi sur une plateforme logistique transfrontalière. En gros, un système pour mieux distribuer les produits locaux des deux côtés de la frontière. Histoire que le fromage, la viande ou les légumes ne restent pas coincés dans leur vallée comme des stars oubliées.
Et tout ça avec une attention particulière à l’innovation. Parce que tradition ne veut pas dire immobilisme. Il faut savoir adapter les recettes sans les dénaturer.
Bien manger, c’est aussi bien performer
FOR-ALIMENTA ne s’arrête pas à la production ou à la distribution. Le projet s’intéresse aussi à la nutrition et à l’alimentation saine. Notamment dans des contextes exigeants comme les activités de montagne ou le sport de haut niveau.
Parce que grimper un col ou dévaler une piste avec un estomac mal géré, c’est le meilleur moyen de finir en vrac. Ici, on prône une alimentation qui allie plaisir et performance, avec des produits du terroir et des plats traditionnels remis au goût du jour.
L’agrotourisme, cerise sur le gâteau
Enfin, le projet mise sur l’agrotourisme comme complément d’activité pour les producteurs. Une manière de faire découvrir le territoire autrement, en ouvrant les portes des exploitations, en racontant les savoir-faire et en faisant goûter le fruit du travail.
Une vraie immersion, loin du tourisme standardisé. Ici, on vient pour vivre une expérience, pas juste pour cocher une case sur une carte.
Une belle enveloppe pour un projet qui a de la bouteille
Côté moyens, FOR-ALIMENTA n’est pas venu les mains vides. Avec un budget de près de 2 millions d’euros, financé en grande partie par l’Union européenne via le programme POCTEFA, le projet a de quoi voir venir.
Étendu sur la période 2024-2027, il s’appuie sur une belle brochette de partenaires : chambres d’agriculture, institutions touristiques, université, acteurs du sport… un vrai collectif, façon équipe de cuisine bien rodée.
Une coopération qui a du goût
Au final, FOR-ALIMENTA, c’est bien plus qu’un projet technique. C’est une histoire de territoire, de transmission et de coopération. Une manière de prouver que, quand on mélange les cultures, les savoir-faire et les idées, on peut créer quelque chose de savoureux.
Et dans un monde où chacun a parfois tendance à rester dans son assiette, voir des acteurs passer la frontière pour bosser ensemble, ça fait franchement plaisir.
Alors oui, ça discute, ça expérimente, ça teste… parfois ça rate un peu, comme dans toute cuisine. Mais une chose est sûre : dans les Pyrénées, la marmite est en train de bouillonner sévère. Et si la recette continue sur cette lancée, FOR-ALIMENTA pourrait bien devenir le plat signature d’un territoire qui n’a pas fini de nous régaler.
