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FIPADOC 2026 : quand le réel crève l’écran et que Biarritz passe en mode cinéma vérité




À Biarritz, fin janvier, il y a deux écoles. Ceux qui pensent que l’hiver sert à hiberner sous un plaid avec une série pas terrible de Netflix, et ceux qui savent qu’au contraire, c’est pile le moment où le réel déboule en Cinemascope. Ces derniers ont déjà coché les dates : du 23 au 31 janvier 2026, le Fipadoc revient poser ses bobines sur la Côte basque pour sa 8e édition. Le festival des histoires vraies, des images qui piquent, des récits qui réveillent et des débats qui font chauffer la salle, même quand l’océan est en mode frigo XXL

Parce que le Fipadoc, ce n’est pas juste un festival de plus dans le grand zapping culturel. C’est un festival qui se la joue citoyen, caméra à l’épaule et conscience bien droite. Ici, on ne vend pas du rêve en toc : on projette du réel brut, du vécu, du monde tel qu’il va (parfois de travers) avec l’idée bien têtue que la culture peut encore servir à quelque chose. Genre réfléchir, comprendre, discuter, et accessoirement, ne pas devenir complètement chèvre dans un monde qui part souvent en roue libre.

Le réel en vedette, sans doublure ni effets spéciaux

Huit jours durant, le Fipadoc ouvre le bal de la saison internationale des festivals documentaires, et pas avec des figurants. Plus de 150 films, venus des quatre coins du globe, débarquent à Biarritz pour raconter le monde sans maquillage. Documentaires nationaux, internationaux, musicaux, engagés, francophones, courts, longs, jeunes talents ou vieux briscards de la caméra : ici, tout le casting du doc est convoqué.

Les Grands Prix viendront sacrer les meilleurs rôles, pendant que les sélections compétitives (Histoires d’Europe, Jeune Création, Smart, courts métrages) feront monter la tension dramatique. En parallèle, les sections non compétitives jouent les seconds rôles indispensables : En famille, Séries documentaires, Goût du doc, Focus Territoire… Bref, le Fipadoc, c’est un montage serré où chaque séquence compte.

Espagne, Portugal : travelling ibérique sur le Focus Territoire

Pour 2026, le Focus Territoire met le cap au sud, direction l’Espagne et le Portugal. Deux voisins, deux cultures, deux industries documentaires bien vivantes, prêtes à envoyer du lourd sur grand écran. Films, projets, professionnels, coproductions : le Fipadoc continue d’élargir le cadre et de jouer la carte européenne sans sous-titres inutiles. L’idée ? Créer des ponts, faire circuler les idées, et rappeler que le documentaire, ce n’est pas qu’un genre : c’est une langue commune.

Côté image, le festival frappe fort avec une affiche signée Adrienne Surprenant. Pas de coucher de soleil sur la Grande Plage, mais un cliché puissant, tiré d’un reportage sur les inondations au Soudan du Sud. Des huttes submergées, un monde qui déborde, et un message limpide : le réel, parfois, nous arrive en pleine face. Le Fipadoc assume son engagement environnemental et rappelle que le documentaire sert aussi à regarder là où ça dérange, pas seulement là où c’est joli.

Le réel ne se contente plus d’un écran plat : il s’invite aussi en réalité virtuelle, augmentée, interactive. Avec SMART BIARRITZ IMMERSIVE, le Fipadoc sort l’artillerie numérique et propose une quinzaine d’expériences qui te plongent littéralement dans l’histoire. VR, films 360°, narrations interactives… Ici, le spectateur n’est plus assis sagement dans son fauteuil, il devient figurant du réel. Bonus non négligeable : c’est gratuit, à condition de réserver son créneau et d’avoir l’estomac solide.

Un prix viendra récompenser l’expérience la plus audacieuse, preuve que le documentaire continue d’explorer de nouveaux formats.

Le Fipadoc Pro

Au Fipadoc, les séries documentaires ne se picorent pas. Elles se regardent d’un bloc, façon marathon du réel. Affaire Elf, attentats du 13 novembre, Amérique latine sous influences, otages du Liban… Des feuilletons du vrai, tendus comme des thrillers, projetés en intégralité pour une immersion totale. Ici, pas de “épisode suivant dans 7 jours” : tu plonges, tu assumes, tu ressors changé (ou au moins bien secoué).

Pendant que le public mate les films, les pros, eux, bossent. Du 26 au 29 janvier, le Fipadoc Pro transforme Biarritz en véritable plateau de production grandeur nature. Réalisateurs, producteurs, diffuseurs, institutions, décideurs français et internationaux se croisent, pitchent, coproduisent, réseautent et refont le monde autour d’un café trop serré.

Avec plus de 2 400 accrédités lors de la dernière édition, le Fipadoc Pro est devenu un passage obligé pour l’industrie documentaire. On y parle argent, lignes éditoriales, tendances, nouveaux récits, tout en repérant les talents de demain. Bref, c’est là que le documentaire se fabrique avant d’arriver sur nos écrans.

Le festival n’oublie pas les jeunes publics et les talents émergents. Avec le Fipadoc Campus, la Semaine d’Avant, Docs4Teens, projections scolaires et formations à l’image, le festival joue la transmission. Parce que le documentaire, ça s’apprend, ça se regarde jeune, et ça peut donner envie de tenir une caméra plutôt qu’un simple smartphone en mode scroll infini.

Clap de fin… ou plutôt générique de début

Avec plus de 44 000 spectateurs en 2025, le Fipadoc confirme qu’il n’est pas un festival de niche réservé à trois cinéphiles binoclards et barbus. C’est un rendez-vous populaire, exigeant mais accessible, engagé sans être donneur de leçons. Un endroit où le réel a droit à son premier rôle, sans doublure, sans filtre, mais avec beaucoup de talent.

Comme le résume Anne Georget, présidente du festival, le Fipadoc croit aux histoires vraies. Et à Biarritz, fin janvier, ces histoires-là ne passent pas en arrière-plan. Elles prennent toute la lumière, font un gros plan sur le monde, et rappellent qu’au cinéma comme dans la vie, la réalité reste le scénario le plus puissant.

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