Dossier Sorcières du Pays basque – Rituels, gris-gris et superstitions : le Basque qui tricote la magie au quotidien




Faut pas croire que les sorcières du Pays basque ont toutes cramé dans les flammes ou sont parties se planquer dans les grottes d’Itxassou. Non, leurs petites manies, leurs coups de poudre et leurs recettes louches, ça a continué à infuser dans la marmite populaire. Et aujourd’hui encore, entre deux piments d’Espelette et un verre d’Irouléguy, on tombe sur des rituels qui sentent la poudre de perlimpinpin et le gris-gris de grand-mère. Ici, la superstition, c’est pas une vieillerie, c’est un art de vivre

Demande à n’importe quel vieux du village : « Qu’est-ce qui protège des maléfices ? » Et il te sort direct l’ail accroché derrière la porte, histoire de faire fuir autant les sorcières que les créanciers. Certains ajoutent un crucifix taillé dans du bois de pommier, censé couper net toute tentative d’envoûtement. Et pour les plus modernes, la bonne vieille patte de lapin au porte-clés, parce qu’un sort, c’est comme une prune au radar : vaut mieux prévenir que raquer.

L’eau bénite et le cimetière : combo gagnant

Au Pays basque, l’eau bénite, ça sert pas qu’à faire trempette du dimanche. Tu balances quelques gouttes dans le foyer et hop, ça neutralise les mauvaises ondes, comme un antivirus d’église. Certains, plus radicaux, allaient jusqu’au cimetière déterrer des clous de cercueil, paraît que ça protégeait la maison. Faut avouer que ça mettait une sacrée ambiance autour du barbecue…

Le rituel des treize pierres

Dans certains coins de Navarre et de Soule, on raconte que pour se débarrasser d’un mauvais œil, fallait aligner treize cailloux ronds devant la porte. Le matin, si l’un avait disparu, c’est qu’une sorcière était passée la nuit. Ambiance Cluedo version basquaise, où le coupable est toujours la voisine à l’œil louche.

Les laments et le chaman du coin

Parce que le basque, il est têtu mais prudent. Alors quand il pense qu’on lui a jeté un sort, il file voir le guérisseur du patelin, le « sorcier blanc », capable de te concocter une tisane qui soigne tout : le mal de dos, la jalousie du voisin et l’envie d’aller bosser à l’usine. Ces mecs-là, c’étaient les psys d’avant, sauf qu’au lieu de te facturer 80 balles l’heure, ils demandaient trois œufs et un coup de cidre.

Des superstitions qui collent encore aux baskets

Aujourd’hui, dans les fêtes de village, on fait mine de rigoler de tout ça. Mais demande aux jeunes de Bayonne s’ils passent volontiers sous une échelle ou s’ils dorment tranquille après avoir vu une chauve-souris entrer par la fenêtre… C’est toujours la même chanson : « Je crois pas à ces conneries, mais je prends pas de risques. » Résultat : les anciens rituels se planquent sous forme de petits gestes. Un signe de croix en douce, un caillou posé sur un rebord de fenêtre, une branche de laurier sous le matelas. La magie, elle, rigole en coin.

Verdict journalistique : entre folklore et coup de flippe

Alors ouais, les bûchers sont éteints, mais les braises des superstitions couvent encore. Le Pays basque, c’est ce drôle de mélange où le folklore sert de vitrine touristique, pendant que les rituels s’incrustent dans les cuisines et les têtes. Et si on en rigole en sirotant un patxaran, faut pas oublier que derrière chaque gris-gris, y’a l’écho des siècles de flippe, de procès et de sabbats fantasmés. Comme disait un vieux berger d’Urdax : « J’y crois pas, mais on sait jamais… » Et dans le coin, mieux vaut se méfier : la sorcière dort rarement bien loin.


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