Dossier 1/5 : Et si on se demandait si le Pays Basque, celui qui sent le jambon fumé de Bayonne et l’acier trempé de Bilbao, pouvait vraiment se payer le luxe d’un passeport flambant neuf et d’un siège à l’ONU ? Sur le papier, ça roule comme une pelote sur le fronton, mais dans la vraie vie, c’est un sacré bazar, un mélange de piments d’Espelette et de paperasse bruxelloise
Déjà, parlons gros sous, parce qu’un État sans tunes, c’est comme un cidre sans bulles : triste et plat. Le “Pays Basque unifié” pèserait environ 3,2 millions de gaziers (2,2 millions côté espagnol avec l’Euskadi et la Navarre, et un petit 300 000 du côté de Bayonne et Biarritz). Ça, c’est plus que l’Uruguay, moins que le Danemark, mais largement de quoi remplir des stades de rugby à tour de bras.
Côté fric, on aligne 125 à 130 milliards d’euros de PIB. C’est-à-dire qu’on ne joue pas dans la catégorie « pastis au PMU » mais plutôt dans la ligue Finlande/Irlande. Le PIB par tête grimperait dans les 38 000 balles par crâne, soit un portefeuille plus dodu que celui du français moyen. Bref, ça a de la gueule.
Les atouts : le Pays Basque, y’a quand même du lourd
Le gros point fort du coin, c’est l’industrie. Et pas l’usine à bérets tricotés par Maritxu, non : on parle d’aéronautique (ITP Aero), de bagnoles (Mercedes en Navarre), d’énergie (Iberdrola, poids lourd mondial), de machines-outils qui font baver les Allemands, et même de biotechnos qui sentent moins l’anchois que l’ADN.
Ensuite, faut pas oublier le Concierto Económico : ce petit bijou fiscal qui permet déjà aux Basques espagnols de lever leurs impôts comme des grands et d’envoyer juste un petit chèque d’amitié à Madrid. Autrement dit, côté administration fiscale, ils sont déjà chauffés au rouge, prêts à gérer leur magot.
Ajoutons la géographie de ouf : entre Paris et Madrid, avec un port de Bilbao qui crache du conteneur comme un leveur de pierre crache ses tripes, et un aéroport qui connecte le monde entier au pays du jambon. Sans oublier un réseau routier et ferroviaire qui permet de filer de Pampelune à Biarritz plus rapidement que la traversée de Bayonne du rond-point de Leroy Merlin à la gare aux heures de pointe.
Et puis il y a le capital humain : chômage bas (surtout côté Euskadi), universités qui tiennent la route, centres de R&D qui innovent plus vite qu’un surfeur sur une vague à Mundaka, et PME qui poussent comme des plants de maïs dans les Landes.
Enfin, faut pas négliger les atouts touristico-gastronomiques : côte magnifique, San Sebastián qui brille plus que le soleil, Biarritz pour les bobos en combi de surf, et la gastronomie… Mon pote, avec plus d’étoiles Michelin par habitant que n’importe où ailleurs, on pourrait presque nourrir l’économie rien qu’en exportant des pintxos.

Les embrouilles : quand la pelote tape sur le mauvais mur
Mais attention, tout n’est pas rose comme une tranche de Serrano. Les galères sont aussi costaudes qu’un rugbyman de l’Aviron.
Numéro bat : l’UE et l’euro. Si le Pays Basque se barre en douce de l’Espagne et de la France, bim ! Sortie auto de l’Union européenne. Plus de fonds de cohésion, des frontières qui se ferment comme une huître pas fraîche, et une Banque Centrale Européenne qui dit « adio » d’un revers de main. Résultat : il faudrait créer une nouvelle monnaie (z’ont déjà l’eusko) ou squatter l’euro façon Kosovo. Pas glop.
Numéro bi : les déséquilibres internes. Côté Nord, c’est la plage, les vaches et le surf. Côté Sud, c’est la tôle, l’acier et les usines. Forcément, quand les cousins du Nord vivront de touristes qui veulent manger bio et faire du yoga, et que ceux du Sud cravacheront dans l’industrie lourde, ça peut vite sentir la soupe à la grimace.
Numéro hiru : l’énergie et les matières premières. On est bons pour l’éolien et Iberdrola fait le malin, mais pour le pétrole, le gaz et tout le bazar, c’est toujours les voisins qui servent. Bref, dépendance carabinée.
Numéro lau : les relations commerciales. Qui c’est les premiers clients du Pays Basque ? Ben… la France et l’Espagne. Alors imagine qu’on leur claque la porte au nez, ça va douaner sec et plomber les exportations plus vite qu’un orage sur les Trois Couronnes.
Numéro bost : le coût du cirque étatique. Armée, diplomatie, banque centrale, retraites, sécu, tout le tintouin… Ça coûte un bras, un rein et deux porcs noirs. Et forcément, ça grèverait les finances.
Le plan de bataille : trois sets gagnants (si tout roule)
Phase 1 : Transition (0-5 ans). Il faut négocier comme des malades pour rester dans l’UE. Et si on n’y arrive pas, prier Saint Ignace pour que Bruxelles ferme les yeux. Côté thunes, on garde le Concierto Económico et on l’étend aux cousins du Nord. On crée vite fait une Banque Centrale « Euskobank » et on file des rustines aux accords commerciaux pour éviter le crash.
Phase 2 : Consolidation (5-15 ans). On mise sur l’énergie verte (hydrogène, offshore, tout le tralala), on transforme l’industrie en 4.0 (robots, IA, pas des brebis électriques), on booste la “blue economy” avec les ports et on markete un tourisme de luxe : surf, golf, pintxos et montagnes. Et pourquoi pas créer un grand pôle d’innovation basque : une Silicon Valley au goût de txistorra : la Silicon Vasca.
Phase 3 : Affirmation (15 ans et +). Là, on sort les muscles : accords commerciaux à l’international, rôle diplomatique actif, et image de petit pays modèle : industriel, durable, mais avec le charme d’une vie où tu finis la journée à boire un verre de sagardo au comptoir.
Entre Eldorado et embrouilles de pintxos
Alors, viable ou pas, la République des Basques ? Ben ouais, sur le papier, c’est du béton armé : PIB qui claque, industrie qui carbure, chômage bas, gastronomie qui vend du rêve. Mais dans la vraie vie, la clé c’est pas l’argent, c’est la politique. Si Paris et Madrid disent « Agur », ça peut vite tourner au cauchemar économique. Si par miracle tout se passe en douceur, là on tiendrait peut-être une petite Finlande avec des espadrilles.
Bref, comme on dit à Bilbao : « no es oro todo lo que reluce ». Tout ce qui brille n’est pas or. Même si, entre nous, un pays qui aligne pintxos, surfeurs et usines high-tech, ça mérite bien d’être pris au sérieux… au moins autant qu’un Finlandais en bottes fourrées.
- Population : ~3,2 millions (Euskadi + Navarre + Iparralde).
- PIB : ~125-130 milliards €.
- PIB par habitant : ~38 000 € (top européen).
- Ports : Bilbao, gros poisson de l’Atlantique.
- Gastronomie : record mondial d’étoiles Michelin par habitant.
Moralité : Un Pays Basque uni, c’est comme une partie de pelote : ça peut être splendide si ça rebondit bien, mais si la balle tape à côté du mur, ça pourrait piquer grave.
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