Y’a des jours où la Bourse, c’est un peu comme une raclette sans fromage : ça chauffe, mais ça ne prend pas. Quatrième séance dans le rouge pour le CAC 40, qui perd encore 0,24 % à 7 137,60 points à midi pétante. Pas de panique : les boursicoteurs ne sont pas (encore) en slip, mais ça gratte sévère côté valeurs phares. Axa et Saint-Gobain font la gueule, pendant que Viridien s’offre un shoot d’adrénaline à +29 %, un grand écart digne d’une gymnaste en pleine action. Et pendant que les indices européens toussent, Apple et Amazon, de l’autre côté de l’Atlantique, font le show : des résultats en or massif qui rappellent que le dollar, lui, a encore la dalle
Saint-Gobain et Scor : ça sent la perte sèche
C’est pas la fête du slip chez Saint-Gobain. Le mastodonte du bâtiment voit ses briques s’effriter : -3 % dans les dents, avec un chiffre d’affaires qui stagne à 11,4 milliards d’euros. L’Europe et l’Asie tiennent les murs (+1,2 % et +8,4 %), mais l’Amérique du Nord s’effondre comme une vieille cloison (-6,5 %). Les analystes d’Invest Securities, ces poètes du CAC, ont résumé la situation : “La performance en Amérique du Nord devrait décevoir le marché.” En langage de comptoir : les Yankees ont planté la baraque.
Et si vous pensiez que ça pouvait pas être pire, attendez Scor. Le réassureur se prend -7 % dans la tronche, et finit bon dernier du SBF 120. Pourtant, le bénéf’ trimestriel dépasse les prévisions, mais uniquement grâce à la réassurance dommages, gonflée par l’absence de grosses catastrophes naturelles. En revanche, côté vie, santé et investissements, c’est le désert : les chiffres font tousser les actionnaires. Autant dire que le ratio de solvabilité, lui, a pris une belle claque.
Viridien cartonne : quand le sous-sol fait grimper le portefeuille
Pendant que les uns creusent leur tombe boursière, Viridien creuse le sol et le fait avec panache. +29,10 % à 98,70 euros : une envolée qui fait tourner la tête, voire sauter les stops des shorters. L’entreprise, spécialiste de l’exploration du sous-sol et des énergies fossiles, vient de publier des résultats costauds pour le troisième trimestre. Cash-flow net visé : 100 millions de dollars pour 2025, rien que ça. Autant dire que le pétrole, même vert, coule à flots dans les comptes. Le marché adore, les traders applaudissent, et certains parlent déjà de la “Viridien mania” : une bulle prête à exploser ou un vrai gisement de pognon ? Suspense.
Les chiffres macro : inflation ramollo, prix en rade et conso mollassonne
Côté chiffres, l’Insee nous balance une ribambelle de stats pas folichonnes. En septembre, les prix de production industrielle continuent leur descente aux enfers (-0,3 %), après déjà -0,5 % en août. En clair, les usines vendent moins cher, les marges se ratatinent, et les économistes font la moue. Sur un an, ça reste à -0,5 %, autant dire que ça rame sévère.
L’inflation, elle, se calme un chouïa : +1 % en octobre après +1,2 % en septembre. C’est l’énergie qui tire la langue, entre le gaz et les produits pétroliers qui se cassent la figure. L’alimentation ralentit aussi, signe que même le camembert et la baguette prennent la pause. Pendant ce temps, les prix des services et du tabac font du surplace, comme un portefeuille oublié à la fin du mois.
Dans la zone euro, rebelote : +0,2 % d’inflation mensuelle, +2,1 % sur un an. La BCE doit se dire que tout ça sent le réchauffé, mais sans flambée. Bref, pas de quoi sortir la planche à billets.

BCE : Christine Lagarde reste zen dans la tempête
Du côté de Francfort, Christine Lagarde continue de jouer les moines bouddhistes. La BCE garde ses taux tranquilles à 2 %, histoire de pas faire paniquer les marchés. Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM, traduit ça poliment : “La BCE a prolongé sa pause, les perspectives d’inflation ne bougent pas beaucoup, donc pas de raison d’agir.” En clair : on attend, on regarde, et on prie pour que ça tienne.
Le communiqué officiel est d’ailleurs une vraie berceuse : “L’inflation reste proche de l’objectif de 2 % à moyen terme”, qu’ils disent. La croissance ? “Résiliente malgré un environnement difficile.” En langage d’économiste, ça veut dire : “On rame, mais on sourit.”
Lagarde, toujours égale à elle-même, a ajouté que “certains risques pesant sur la croissance se sont atténués”. Traduction : le pire est peut-être derrière, mais le meilleur se fait toujours attendre. Un petit coup de hawkish dans le café, et on repart pour un tour de manège monétaire.
Outre-Atlantique : les géants tiennent le crachoir
Pendant que l’Europe fait du surplace, les Américains, eux, continuent de distribuer les baffes boursières. Apple et Amazon viennent de publier des résultats aux petits oignons : les profits explosent, les investisseurs sabrent le champagne. Wall Street sourit, et le Nasdaq danse la gigue. Les marchés européens, eux, regardent ça d’un œil jaloux, en se disant que décidément, l’Oncle Sam a encore la main lourde sur le portefeuille.
L’indice des directeurs d’achat de Chicago doit tomber à 14h45, mais tout le monde s’en fout un peu : les traders ont déjà les yeux rivés sur les chiffres d’emploi et les futures annonces de la Fed. En attendant, l’euro grappille un centime face au dollar, histoire de sauver l’honneur : +0,05 % à 1,1574 dollar. Pas de quoi se payer un croissant, mais c’est déjà ça.
En résumé, le CAC tire la tronche, mais tout n’est pas perdu
Entre un Saint-Gobain en perdition, un Scor qui prend l’eau et un Viridien qui joue les fusées, le CAC 40 ressemble à une vieille mobylette 103 SP : ça fume, ça tousse, mais ça roule encore. L’inflation qui s’essouffle redonne un poil d’air aux ménages, et la BCE garde le cap sans trop de secousses. Les marchés font grise mine, certes, mais la planète finance adore ça : un peu de sueur, beaucoup de spéculation, et une pincée de stress, la recette magique pour faire battre le cœur des traders.
Alors, amis boursicoteurs, gardez la foi : les chiffres valsent, les cours tanguent, mais tant qu’il y a du cash-flow, y’a de l’espoir. Et si tout ça vous file le tournis, rappelez-vous : la Bourse, c’est comme un bon fromage, plus ça pue, plus c’est prometteur.
Source : AOF et Bourse Direct
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