Quand une épicerie fine et un duo d’artistes décident de faire Noël autrement, ça sent le cadeau bien emballé, le pin maritime et la sardine qui frétillent sous le sapin
À Ciboure, en novembre 2025, le froid pique un peu mais le quai Maurice Ravel est en ébullition. Pas à cause d’un cargo en retard ni d’une houle d’anthologie, non. Ici, c’est le commerce de proximité qui met le feu aux guirlandes. D’un côté, Sardine, l’épicerie fine qui a du coffre et du palais. De l’autre, Madame Hubert, studio artistique au coup de crayon affûté. Entre les deux, quelques mètres de trottoir et une idée bien sentie : faire de ce bout de port une destination shopping de Noël, version circuit court, zéro bullshit et maximum de plaisir.
Face aux géants de la distribution qui bombardent de promos clignotantes et de colis jetables, Sardine et Madame Hubert ont décidé de jouer collectif. Ici, pas d’algorithme qui te souffle un cadeau « parfait » parce que t’as cliqué une fois sur une poêle en promo. À Ciboure, on se parle, on se regarde dans le blanc des yeux, on renifle un bocal, on feuillette des affiches. Bref, on fait Noël à l’ancienne, mais avec du style et un peu de panache dans le papier cadeau.
Le slow shopping
Chez Sardine, on entre comme dans une caverne d’Ali Baba version salée-sucrée. Les étagères débordent de bonnes choses, locales ou bien sourcées, qui donnent envie de remplir la hotte sans déclencher le coup de fil du banquier. Ici, on compose des coffrets gourmands qui ont de la gueule, des paniers qui sentent la fête sans tomber dans le clinquant. C’est du cadeau qui se mange, se partage, se raconte. Le genre de présent qui finit sur la table plutôt que dans un tiroir oublié.
Juste en face, Madame Hubert sort l’artillerie lourde… en douceur. Le duo d’artistes déploie son univers graphique, entre enfance, nature et culture surf, avec des affiches originales imprimées sur de beaux papiers, ceux qui font « wow » quand on les touche. Pas de déco jetable ici : ce sont des images qu’on garde, qu’on encadre, qu’on déménage avec soi. Le cadeau malin pour ceux qui ont déjà trop de bougies parfumées mais pas assez de murs qui racontent quelque chose.
Cerise sur la bûche : cette année, Madame Hubert a rhabillé Sardine pour les fêtes. Les sacs, les coffrets, les stickers se parent d’une illustration inédite : un banc de sardines en pleine fiesta, clin d’œil assumé au port et à l’esprit maison. C’est joyeux, c’est fin, c’est bourré de détails. Le genre d’emballage qu’on hésite presque à déchirer tellement il est chouette.
Et comme Noël sans bonus, c’est comme un cadeau sans ruban, les cinquante premiers coffrets achetés en décembre chez Sardine embarquent un tirage format carte postale de cette illustration. Un double effet kiss cool : on offre à manger et à regarder. Le cadeau qui régale le ventre et les pupilles, sans supplément.

Le quai Ravel, anti-centre commercial
« Le quai Ravel, c’est plus qu’une carte postale, c’est un lieu de vie. » La phrase claque comme une évidence. Ici, le shopping ne se fait pas en apnée entre deux escalators. On flâne, on papote, on pousse la porte d’un voisin, puis d’un autre. Le quai devient un parcours de Noël à taille humaine, où d’autres adresses jouent le jeu et complètent la balade. On passe d’une boutique à l’autre comme on saute de cadeau en cadeau, sans stress et sans chrono.
Ce que défendent Sardine et Madame Hubert, c’est un Noël plus futé, plus raisonné, mais jamais rabat-joie. Un Noël où le plaisir ne disparaît pas sous prétexte de faire attention. On achète moins à l’aveugle, plus avec le cœur. On sort avec des paquets sous le bras et cette sensation rare d’avoir fait bosser le quartier plutôt qu’un entrepôt à l’autre bout de l’Europe.
Dans un contexte où le pouvoir d’achat fait grincer des dents et où le sens de la consommation revient sur la table entre deux parts de bûche, l’initiative tombe pile poil. Sardine et Madame Hubert montrent qu’on peut concilier plaisir, budget et engagement local sans faire la morale. Ici, on ne juge pas, on propose. On ajuste selon l’âge, les goûts, la taille du porte-monnaie. Le conseil est humain, l’expérience est réelle, et le cadeau a une histoire à raconter quand il est déballé.
Pour la presse locale, le tableau est parfait : un port qui ne se contente plus d’être beau mais qui vit, innove et se serre les coudes. Un commerce indépendant qui ne râle pas dans son coin mais qui invente, mutualise et crée du lien à la veille des fêtes. À Ciboure, Noël ne se commande pas en un clic : il se choisit, se touche, se savoure.
Et au bout du compte, quand on rentre chez soi avec ses paquets sous le bras, il reste ce petit truc en plus. Cette impression d’avoir participé à quelque chose de collectif, d’avoir mis un billet dans la vie du quai plutôt que dans une machine anonyme. Un Noël peut-être un peu moins clinquant, mais sacrément plus chaleureux. Bref, un Noël qui sent bon la sardine, le papier d’art et la solidarité bien emballée.
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