2026, bonne année… mais avec un goût de champagne tiède




Quel moment culte les vœux du Nouvel An ! Ce moment béni où les chefs d’État balancent leurs messages, version patriotisme et confettis, façon carte de vœux corporate avec un peu de poudre de Perlimpinpin aux yeux et beaucoup de poudre aux clichés. Cette fois encore, Emmanuel Macron s’est collé à l’exercice depuis l’Élysée, mais le vin a eu un arrière-goût un peu aigre pour beaucoup de Français. Le président a livré ses vœux pour 2026 dans une allocution brève et « crépusculaire », tantôt appelant à l’unité, tantôt esquivant les véritables maux du moment, comme si on se contentait d’un « bonne santé » quand ton moteur râle et que tu sais très bien que la courroie est morte

Comme prévu, Macron a décliné trois grands thèmes : unité, force et espérance, à grands coups de formule toute faite. « Cette année doit être, et sera, utile » a-t-il martelé, en invitant les Français à se retrousser les manches pour que 2026 tienne la route. Sauf que pour beaucoup, l’expression « année utile » sonnait un peu comme « on va bricoler le Titanic pendant que l’eau monte ».

Sur l’économie, bon, c’était le moment de l’inflation, du pouvoir d’achat qui fait du yo-yo et de la dette qui ressemble à un boomerang qui ne veut plus rentrer dans son sac. Les chiffres officiels annoncent une inflation qui pourrait remonter doucement en 2026 après une pause modérée, mais sans qu’on sache trop comment tout ça est censé booster le moral ou les portefeuilles.

Et là, on se dit que des vœux contre l’inflation, ça aurait été plus utile qu’un « restons unis » écho d’une tempête politique qui n’en finit plus. Parce qu’à force de souffler dans le ballon de baudruche des sentiments, certains réclament un peu de sérieux sur le pain, le loyer et le plein d’essence, pas seulement sur l’indépendance européenne.

Politique, finances et inflation : du slogan aux chiffres

Dans son allocution, le chef de l’État a mis l’accent sur des chantiers tels que l’instauration d’un service national pour les jeunes, une réforme des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et la question de la fin de vie accompagnée ; projets certes importants, mais qui tombent un peu comme des confettis quand le budget national est plus troué qu’un vieux gilet de marin du port de Saint Jean de Luz.

Côté météo économique, la France devrait voir sa croissance tourner autour d’un timide +0,9 % en 2026, avec une inflation attendue à environ 1,3 %. Dit comme ça, ça fait presque moins peur, mais derrière ces pourcentages, il y a des ménages qui serrent les boulons et des portefeuilles qui crient « on a déjà donné ».

Et pendant ce temps, la dette publique traîne un passif qui pourrait grimper jusqu’à 118 % du PIB ou plus, ce qui fait tiquer même les économistes les plus zen. On se demande alors si les vœux d’unité sont censés rafistoler les finances ou juste nous faire avaler une bonne dose de bonne humeur institutionnelle.

Un président « jusqu’à la dernière seconde »

Le message de Macron a aussi insisté sur son engagement à rester « au travail jusqu’à la dernière seconde » de son mandat, malgré les appels à la démission et les tensions politiques internes. Certes, on salue l’effort, encore que… mais ça sonne un peu comme « je vais tenir la barre même si le vent me pousse violemment dans les choux ».

Son discours, le plus court depuis 2017, a duré moins de dix minutes, ce qui a donné l’impression d’un chef de chantier débordé qui te dit : « Allez, bonne année, j’ai piscine ». Un ton bref, sans grande annonce spectaculaire, presque comme si on avait troqué la grande tirade solennelle d’antan contre une bobine TikTok politique. Bref, à ce train là, l’an prochain, on recevra un SMS.

Des oppositions qui rient jaune… et à juste titre

Ah oui, parce que pendant que le président appelle à l’espérance et à l’unité, l’opposition elle… raillait, moquait et qualifiait les vœux de « mots vides et de banalités convenues ». Là où certains voient de la sagesse, d’autres voient un discours un peu trop doux, tiède et déconnecté des réalités du terrain, un peu comme si on te disait « souris, ça va aller mieux demain » alors que ton frigo fait la gueule et que ton estomac grouille depuis trois jours.

Ce « mots vides » colle à la peau du discours comme de la peinture fraîche après une tempête : on la pose, mais elle craque vite. Et puis, dans une France où les fractures sociales se creusent et où les débats budgétaires sont plus chauds que la raclette familiale de décembre, promettre l’unité sans livrer de recettes économiques, ça fait un peu penser à un capitaine qui ordonne « tout droit » en pleine tempête sans boussole.

Espérance ou espoir en solde ?

Alors, ce Nouvel An ? Macron a voulu en faire une cuvée utile, forte, pleine d’espérance et d’unité. Des mots qui brillent comme des guirlandes, mais qui semblent parfois aussi légers qu’un ballon de baudruche dans un vent d’automne. Les défis sont là : inflation, finances publiques nerveuses, incertitude économique, mais aussi une vie politique qui tangue plus qu’un voilier sans quille.

On peut saluer l’intention d’un président qui, après huit ans à l’Élysée, continue à souhaiter le meilleur aux Français. Mais à force de parler d’unité, d’indépendance européenne et d’« année utile », certains citoyens restent accrochés à leurs factures comme on s’accroche au bastingage un jour de gros temps. Parce qu’à la fin, les vœux, c’est un peu comme les promesses d’une assemblée générale de copropriété : ça sonne bien, mais ça ne remplace pas un bon vieux plan d’action.

Alors voilà, bonne année 2026. Que les Français puissent naviguer à travers l’humeur économique et politique avec un peu plus de vent favorable dans les voiles qu’un discours présidentiel qui, pour beaucoup, restera pétri d’hypocrisie douce et de belles phrases… mais sans grandes livraisons concrètes.


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