Vendredi 19 décembre au soir, le centre de Bayonne a pris des airs de salon de l’agriculture version plein air et énervée : une centaine de tracteurs, gyrophares et klaxons à fond la caisse, ont débarqué sous les yeux médusés, et plutôt bon public, des promeneurs du marché de Noël. Pancartes bien visibles, moteurs qui toussent leur ras-le-bol, les éleveurs “asyndiqués” sont venus dire haut et fort qu’ils n’en peuvent plus de la gestion de la dermatose nodulaire, et surtout de la menace d’abattage total. Didier Dolhéguy, éleveur à Came, l’a résumé cash : les élus font la sourde oreille, alors les paysans montent le son… avant de retourner tenir le barrage d’Urt.
Et à Urt justement, l’ambiance a chauffé comme un moteur en pleine côte. Les agriculteurs assurent que des gendarmes, flanqués de pelleteuses, ont tenté de jouer aux déménageurs du barrage. Version officielle ? Niet. La préfecture jure que les forces de l’ordre n’ont rien touché et que Vinci, le boss de l’autoroute, est simplement intervenu à 500 mètres pour virer gravats et bazar, histoire de laisser passer les secours. Certains paysans auraient même filé un coup de main. Bref, chacun campe sur sa version, mais sur le terrain, les bottes restent plantées et les tracteurs bien garés.
Côté revendications, pas de flou artistique : “On reste là, on ne bouge pas”, martèlent les éleveurs. Pour eux, l’abattage total, c’est du carnage inutile, surtout à l’approche des fêtes. Thierry Léon et Benjamin Loste rappellent que d’autres solutions existent, citant l’exemple de la tuberculose bovine où des protocoles alternatifs ont fait chuter les cas. Les discussions avec le gouvernement patinent, un nouveau rendez-vous est calé début février, et en attendant, la tension reste sous pression. Les troupeaux seront vaccinés, promet l’État. Les éleveurs, eux, gardent le pied sur l’embrayage… prêts à faire encore rugir les moteurs.
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