Samedi soir à Saint-Jean-de-Luz, le Jai Alai était blindé comme un concert de rock basque : 1 850 personnes, quatre heures de battle verbale et des neurones qui chauffent. Le Xilaba, championnat de bertsolari d’Iparralde, a encore prouvé que l’impro en euskara, c’est tout sauf un truc poussiéreux. Six cracks encore en lice, des thèmes imposés, des rimes à dompter… et zéro filet. Ici, tu dérapes, tu t’écrases.
Au bout du mic, Maddi Ane Txoperena a sorti le grand jeu. Punchlines millimétrées, flow affûté, cervelle en mode turbo : l’Hendayaise rafle la mise avec 1 132 points, laissant sa dauphine Maddalen Arzalluz juste derrière (1 106,5 points). Un duel au sommet, attendu mais jamais mollasson. Derrière, le peloton s’accroche : Miren Artetxe, Aitor Servier – seul gars de la bande –, Irantzu Idoate et Elixabet Etxandi ferment la marche après avoir tout donné.
Résultat des courses : les meilleurs décrochent leur ticket pour le championnat des sept provinces, le graal qui revient tous les quatre ans. Le bertsu, longtemps mis au placard dans les années 70, est aujourd’hui plus vivant que jamais. Du verbe qui claque, de l’impro qui transpire l’adrénaline, et un public en transe : au Pays Basque nord, la poésie freestyle a clairement repris le pouvoir.
