Il y a des jours où la Bourse fait la fiesta, arrose le CAC au champagne et grimpe la Rhune comme un pottok sevré à l’Euskola. Et puis il y a les lendemains de bringue. Ce vendredi-là, les marchés européens se sont levés avec les yeux collés, l’air de dire : « On a trop fêté les 8314 points, fallait que ça retombe… » Résultat : une séance dans le rouge, ambiance « fin de mois difficile », avec les indices qui tirent la tronche et les investisseurs qui scrutent la Fed comme s’ils attendaient un verdict divin
Le CAC 40, qui avait caracolé comme un jeune taureau la veille avec un record à 8314,23 points, se vautre de 0,76% et repasse sous les 8200, à 8170,09 points. Rien de dramatique : sur la semaine, il s’est quand même offert un petit +2,77%, soit largement de quoi payer l’apéro. L’EuroStoxx 50, bon camarade, fait la même grimace avec –0,85% à 5693,72 points. Bref, l’Europe boursière a l’humeur morose, façon « fin de mois avant la paye ».
Wall Street : un indice monte, l’autre pique du nez, et tout le monde attend la Fed
Pendant que l’Europe compte ses points, Wall Street avance en crabe.
Le Dow Jones, ce champion des vieux industriels qui bougent lentement mais sûrement, fléchit vers 17h45 de –0,40%, tandis que les autres indices font leur vie en vrac, preuve que personne ne sait trop dans quel sens danser.
Il faut dire que les Américains sortent d’un shutdown de 43 jours, record national, bravo les artistes, qui a gelé les publications de stats économiques comme un congélateur géant de chez Epta. Le gouvernement a redémarré mercredi, grâce à la signature du texte budgétaire par Donald Trump à la Maison Blanche, mais attention : c’est juste un patch jusqu’en janvier 2026. Autrement dit : on éteint l’incendie, mais on garde le briquet allumé dans la poche arrière.
« Cette loi permet au gouvernement de reprendre ses activités, mais elle ne couvre que jusqu’à fin janvier 2026 », rappelle Sebastian Paris Horvitz, économiste chez LBP AM. Les investisseurs ont apprécié la fin du chaos administratif, mais pas assez pour faire grimper les cours : l’ambiance reste plus tiède qu’un café abandonné sur un bureau.
Fed : l’ombre d’un doute… et l’odeur d’une pause sur les taux
C’est LE sujet qui fait trembler les courtiers et donne des sueurs froides aux investisseurs :
La Fed va-t-elle (ou non) rebaisser les taux en décembre ?
Eh bien… ça sent le « non ».
Ou, pour être précis : ça sent le « attendez, on va voir, mais franchement on n’y croit pas trop ».
Plusieurs membres de la Fed regardent les taux comme un chef cuisinier regarde un soufflé fragile : « Si on touche encore, ça risque de s’effondrer ». Autrement dit, ils trouvent la situation trop incertaine pour jouer aux apprentis sorciers.
Et c’est là que M. Horvitz remet une couche :
Sans statistiques fraîches, notamment sur l’emploi et l’inflation, gelées par le shutdown, le Comité de politique monétaire va devoir décider un peu à l’aveugle. Pas top pour une banque centrale.
Selon lui :
- une pause en décembre est « très probable » ;
- les baisses de taux devraient reprendre au premier semestre 2026 ;
- et le taux final devrait rester au-dessus de 3%, plus haut que ce que les marchés espéraient.
Autrement dit : pas de cadeau de Noël en avance pour les investisseurs.
Les marchés ont les chocottes : AI qui se dégonfle, Fed hésitante, tech surévaluée… cocktail anxiogène
Comme si ça ne suffisait pas, voilà que l’Intelligence artificielle, la star boursière des derniers mois, montre quelques signes de fatigue. Rien de grave, mais assez pour refroidir les ardeurs des traders qui avaient déjà prévu d’offrir des Tesla et des écrans 8K à Noël.
Chez Edmond de Rothschild AM, on la joue cash :
« La fin du shutdown aurait dû ramener un vent d’optimisme, mais ça ne marche pas. Les investisseurs sont obsédés par la possible bulle AI et par le doute sur une baisse des taux ».
Résultat : la probabilité d’une baisse de taux en décembre est tombée à 49,5%.
Même pas la majorité.
La roulette américaine n’a jamais si bien porté son nom.

Shutdown fini, angoisses nouvelles : la tech américaine fait peur
La réouverture de l’administration US, c’est bien, mais ça s’accompagne d’un nouveau casse-tête :
les géants de la tech seraient trop chers. Beaucoup trop chers. Genre « bulle de savon au soleil ».
Les investisseurs s’inquiètent : si les valorisations se dégonflent, ça risque de faire des dégâts sur les indices américains, où les géants technologiques pèsent plus lourd qu’un triple cheeseburger sur l’estomac.
Et quand les marchés sentent la panique, ils réagissent comme un chat arraché au canapé : ils s’agrippent, ils crient, et ils ne font plus rien de rationnel.
Conclusion : un marché qui doute, une Fed qui tergiverse, et des investisseurs qui comptent les points
Au final, cette séance de fin de semaine a eu le charme d’une réunion budgétaire à 7h du matin :
- CAC et Eurostoxx dans le rouge,
- Wall Street en mode mosaïque,
- la Fed hésitante,
- la tech qui fait peur,
- et les perspectives de baisse des taux qui s’évaporent comme une prime de fin d’année.
Les marchés n’aiment pas l’incertitude. En ce moment, ils sont servis : entre le budget américain en mode « prolongations », la Fed qui marche sur des œufs et les géants de la tech sous surveillance, la Bourse avance comme si elle avait la gueule de bois : doucement, en fronçant les sourcils, et en regrettant, peut-être , la fête de la veille.
Source : Boursedirect
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