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Prairies en rade : les vaches tirent la langue, les bottes de foin trinquent

Au Pays basque, le décor carte postale a viré au western spaghetti : fini le vert tendre des collines, place au jaune paille cramé façon méga barbecue. Depuis le 15 août, la sécheresse fait sa loi, et les brebis comme les vaches n’ont plus un brin d’herbe à boulotter. Résultat : à Orègue, la famille Curutchet tape déjà dans les réserves d’hiver, trois mois trop tôt. Du foin de décembre servi en plein août, ça sent la galère.

Jean-Pierre et Léa, qui tiennent la ferme Urrutiborda, n’ont pas le choix : une dizaine de bottes déjà englouties et la note qui grimpe à vue d’œil. « 8 à 10 000 balles de fourrage », pas celles qu’on tire au fronton mais bien des billets qui partent en fumée. Les prairies, elles, ressemblent à des paillassons, et pour les remettre d’aplomb, il faudra ressemer, bref, raquer encore.

Et si la pluie continue de bouder, faudra peut-être réduire le cheptel. Moins de vaches, moins de brebis, mais plus de cheveux arrachés pour les éleveurs. Au Pays basque, on dit que l’herbe pousse toujours plus verte chez le voisin… sauf que là, même chez le voisin, ça ressemble à un parking grillé.

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