Au Connecteur de Biarritz, on ne fait pas dans la mise à jour mineure. Ici, on appuie sur “reset”, on reboot les cerveaux et on balance les idées en version bêta grandeur nature. Pour l’édition 2026 de Pionniers, le programme d’open innovation maison, la promo s’annonce plus éclectique qu’un fil LinkedIn un lundi matin
Cette année, ça brainstorme à tous les étages : de la Ferme de l’Enclave, éleveurs et producteurs des Hautes-Pyrénées, à l’association Handi Surf de Boardriders, en passant par la Fédération de Frontball, le magasin bio L’Eau Vive à Bidart, sans oublier une entreprise venue tout droit de Tahiti. Oui, Tahiti. À côté de ça, les mastodontes fidèles comme EDF, TotalEnergies ou Crédit Agricole jouent encore la carte du défi. Bref, du local, du global, du costaud : un patchwork entrepreneurial version 5G.
Un hackathon XXL sur huit semaines
Du 2 février au 27 mars 2026, le Connecteur, niché au 45-47 avenue du Président J. F. Kennedy à Biarritz, se transforme en laboratoire d’idées grandeur nature. Pendant huit semaines chrono, neuf équipes d’étudiants pluridisciplinaires vont plancher sur des défis d’entreprise bien réels. Pas des cas d’école en carton-pâte. Du concret. Du “ça pique mais ça motive”.
Les équipes mixent les profils comme un bon algorithme de matching : ingénieurs de l’ESTIA, étudiants en commerce d’EKLORE, de l’IAE Bayonne et même de l’Université Laval à Québec, designers de MJM Bordeaux et de l’ESDL, spécialistes du numérique de l’ESNL. Du code, du business model, du design thinking, le tout secoué dans un shaker territorial.
Chaque entreprise embarque avec un pilote pour suivre le projet. Les étudiants, eux, sont coachés par l’équipe du Connecteur, experte en gestion de projets d’innovation, et épaulés par des experts au fil des semaines. On est loin du PowerPoint plan-plan. Ici, ça prototype, ça teste, ça pivote si besoin. L’intelligence collective remplace les silos, et l’audace remplace les process poussiéreux.
Une promo plus éclectique qu’un menu en mode fusion
La cuvée 2026 ne fait pas dans le copier-coller. Les défis ont le goût du futur et la texture du réel.
EDF, par exemple, veut transformer une contrainte immobilière en opportunité pour faire évoluer durablement les pratiques de mobilité et l’organisation du travail. Traduction : comment transformer un caillou dans la chaussure en chaussure connectée qui court plus vite ?
La Ferme de l’Enclave pose une question charcutière mais visionnaire : comment imaginer la consommation et la distribution de la charcuterie demain ? Oui, même le saucisson peut passer en mode disruptif. Circuit court 3.0, expérience client augmentée, storytelling du terroir en VR ? À voir ce que les cerveaux en surchauffe vont sortir.
Le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne s’interroge sur le mutualisme et le sociétariat : comment en faire une expérience porteuse de sens et d’engagement pour les jeunes ? Autrement dit, comment transformer une valeur historique en expérience user-friendly qui ne donne pas l’impression de lire un manuel des années 80 ?
Le Groupe PL, avec son magasin bio et local, cherche à se réinventer pour devenir un lieu de référence, capable d’ancrer des pratiques de consommation plus responsables. Là, on parle d’expérience client engageante, de parcours immersif, peut-être même de data pour mieux comprendre les habitudes. Le bio en version UX optimisée.
OSB – Océannienne de Services Business – lance un défi qui sent bon le décalage horaire : comment transformer 12 heures de différence subies en avantage compétitif choisi ? Quand le jet lag devient levier stratégique, ça mérite bien quelques lignes de code et une bonne dose de créativité.
TotalEnergies, de son côté, veut rendre l’acculturation à l’innovation ludique et addictive grâce à la gamification. En clair : transformer l’innovation interne en jeu vidéo grandeur nature, où les collaborateurs montent de niveau au lieu de s’endormir en réunion.
Boardriders et l’association Handi Surf visent haut et inclusif : imaginer un équipement technique corporel qui s’adapte à toutes les personnes en situation de handicap pour la pratique du surf. Pas l’inverse. L’objet s’adapte au corps. L’innovation au service de l’accessibilité, avec une vraie ambition terrain.
Crédit Agricole S.A. réfléchit à un abonnement bancaire nouvelle génération, articulé autour de la carte bancaire, capable de rivaliser avec les acteurs digitaux tout en conservant la singularité de son modèle. En gros, comment jouer dans la cour des néobanques sans perdre son ADN.
Et la Fédération de Frontball ? Elle veut imaginer la rencontre entre culture street sport et e-sport dans un même lieu immersif. Du béton, du digital, des écrans, du game design et des baskets qui crissent sur le sol. Ça sent le métavers version pelote.
Kick Off, keynotes et mode inspiration activé
Le 3 février à 18h30, le Kick Off a lancé les hostilités. L’occasion de présenter la nouvelle promotion, mais aussi d’écouter deux keynotes qui ont mis le cerveau en mode surchauffe.
Luc Julia, parrain de la promo et figure française et internationale de l’intelligence artificielle, est venu partager sa vision. Quand l’un des pionniers de l’IA prend le micro, ça ne parle pas de science-fiction, mais de concret, d’éthique, de réalité augmentée par la data.
À ses côtés, Eneric Lopez de Microsoft a apporté son éclairage. Là encore, on n’était pas dans le gadget, mais dans la vision stratégique : comment le numérique, bien utilisé, devient un levier d’impact et pas juste un buzzword à la mode.
RESET : le podcast qui reboote les idées
Comme si ça ne suffisait pas, le Connecteur lance son nouveau podcast “RESET”. Trois premiers épisodes sont enregistrés en public au Connecteur avant diffusion sur les plateformes d’écoute.
Le 26 février, Thierry Dusautoir (Cosmic Data) et Alexandre Malsh (Fulllife) ouvrent le bal. Le 5 mars, Arnaud Cabanis de TikTok et Edouard Nattée prennent le relais. Le 17 mars, Pierre-Arnaud Vallon (Vela) et Raphaël Masvigner (Circul’R) viennent compléter la trilogie. De quoi nourrir les neurones entre deux sessions de travail en équipe.

Un programme qui upgrade les règles du jeu
Pionniers, ce n’est pas un stage déguisé ni un concours de slides bien designées. C’est un parcours d’innovation qui plonge les étudiants dans la réalité du monde pro. Ils se frottent à des contraintes, à des enjeux stratégiques, à des attentes bien réelles. Et en face, les entreprises acceptent de se faire challenger par des regards neufs, parfois cash, souvent audacieux.
L’intelligence collective est la clé USB du programme : créer des synergies uniques entre étudiants et professionnels pour générer des solutions innovantes. L’intrapreneuriat est stimulé, la RSE intégrée, l’employabilité boostée. Le tout dans une dynamique territoriale qui renforce l’attractivité locale.
Au fond, Pionniers redéfinit les règles du game. Il ne s’agit pas juste d’innover pour innover, mais de connecter générations, écoles et entreprises autour de défis concrets. De faire sauter les barrières entre le campus et le terrain. De passer du “et si” au “on y va”.
Du 2 février au 27 mars, au Connecteur Biarritz, les idées vont circuler plus vite qu’un flux de données en fibre optique. Et le 27 mars à 18h30, lors du TradeShow de clôture, les équipes restitueront leurs solutions. Là, on verra si les concepts tiennent la route, si les prototypes envoient du lourd, si les pitchs claquent.
Une chose est sûre : la promo 2026 ne manque pas de panache. Entre charcuterie futuriste, surf inclusif, banque 3.0 et e-sport street, l’innovation version Pionniers prouve qu’au Pays basque, on sait aussi coder l’avenir. Et pas en mode brouillon. En version bêta testée, assumée et bien décidée à passer en production.
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