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Marchés mondiaux : la Fed a lâché du lest, les technos ont glissé sur une peau de banane




Après le gros coup de chaud du milieu de semaine, les marchés européens l’ont terminé comme un trader le vendredi soir, à savoir un peu déconcentrés, vaguement rassurés, mais pas complètement sobres. La Fed avait fait le job mercredi en baissant son taux directeur, calmant les nerfs des investisseurs comme une petite tisane à la camomille après une séance de montagnes russes. Résultat : jeudi, tout le monde respirait, les écrans étaient verts pâles

Mais vendredi, patatras. Le marché a rappelé une règle simple de la Bourse : quand tout va trop bien, il suffit d’un tweet, d’une rumeur ou d’un datacenter en retard pour foutre le boxon.

Oracle, OpenAI et le coup de frein dans la matrice

C’est une info signée Bloomberg qui a mis le feu aux poudres, ou plutôt retiré l’oxygène du ballon :
les datacenters d’Oracle destinés à OpenAI auraient un an de retard, faute de bras et de béton. Main-d’œuvre qui manque, matériaux qui se font la malle, chantier qui patine… bref, l’IA a beau être futuriste, elle reste coincée dans le monde bien réel des grues et des plannings qui dérapent.

Les marchés, qui avaient déjà mis beaucoup de pognon sur la table en pariant sur une intelligence artificielle qui carbure au super, ont soudain senti l’odeur du gasoil frelaté. Résultat : petite glissade collective, sans panique, mais avec le doigt bien appuyé sur le bouton « prudence ».

À Paris, le CAC 40 a fini en léger recul de 0,21 %, à 8 068,62 points, pendant que l’EuroStoxx 50 lâchait 0,47 %, à 5 727,17 points. Rien de dramatique, mais assez pour rappeler que même quand la Fed fait des cadeaux, la techno peut encore nous mettre des bâtons dans les roues.

Fed cool, marchés mous

Il faut dire que le gros morceau de la semaine était déjà avalé.
Mercredi soir, la banque centrale américaine avait décidé de desserrer la vis monétaire, et ça, sur les marchés, c’est l’équivalent d’ouvrir une bouteille de champagne tiède : pas l’extase, mais ça détend.

Depuis, les investisseurs naviguaient à vue, entre soulagement et attente. Pas de gros catalyseur, pas de stats explosives, juste une impression générale de « on temporise, on regarde, on compte les jetons ».

Mais dans ce genre d’ambiance, le moindre grain de sable se transforme en caillou dans la chaussure. Et quand le caillou s’appelle Oracle, OpenAI et pénurie de main-d’œuvre, ça fait boiter tout le secteur techno.

BPCE – Generali : mariage annulé avant la lune de miel

Autre feuilleton de la semaine : BPCE et Generali ont décidé de mettre fin à leurs discussions pour créer une coentreprise de gestion d’actifs. Un divorce à l’amiable avant même de signer le contrat de mariage.

Officiellement, les deux groupes estiment que « les conditions ne sont pas réunies ». Traduction en langage de marché : ça coince, ça discute trop, et le climat politique complique la donne.
Car côté italien, le gouvernement a fait savoir qu’il voyait d’un mauvais œil ce genre de rapprochement dans un secteur jugé stratégique. Quand l’État sort le carton jaune, les banquiers rangent les alliances.

En Bourse, Generali a pris la nouvelle comme un uppercut léger mais bien placé : -1,28 %, à 34,06 euros. Rien de catastrophique, mais suffisamment pour rappeler que la finance européenne reste un terrain miné, surtout quand la politique s’invite à la table.

Accor fait chambre à part et rafle la mise

Pendant que certains se prennent les pieds dans les négos, Accor faisait tranquillement son lit en haut du CAC 40.
Le groupe hôtelier a gagné 1,30 %, à 46,80 euros, porté par une vague d’optimisme venue des analystes.

Chez Deutsche Bank, on est passé de « Conserver » à « Acheter », avec un objectif de cours relevé de 48 à 53 euros. Autant dire qu’Accor est vu comme une bonne chambre avec vue, petit-déj inclus.

Les arguments sont bien alignés : cession d’Essendi dans les cartons, performance opérationnelle solide, valorisation jugée attractive et politique généreuse envers les actionnaires. En clair : Accor coche les cases, aligne les oreillers et rassure les investisseurs qui aiment quand les dividendes tombent aussi régulièrement que les clients au check-in.

Sopra Steria : nouveau patron, action dopée

Autre valeur en vue : Sopra Steria, qui a pris 2,62 %, à 148,60 euros, et s’est hissée sur le podium du SBF 120.
Deux mois après le départ surprise de son directeur général Cyril Malargé, le groupe a enfin dégainé le nom du successeur : Rajesh Krishnamurthy.

Un choix qui a plu au marché. Pourquoi ? Parce que son profil coche, lui aussi, pas mal de cases, notamment une expertise en offshore, très appréciée dans un contexte où les marges sont scrutées comme des comptes offshore un jour de contrôle fiscal.

Les investisseurs ont validé d’un clic : le titre a pris l’ascenseur, preuve que dans la tech et les services numériques, le casting du patron compte autant que les chiffres.

Inflation : le soufflé continue de retomber

Côté macro, l’ambiance est restée plutôt zen.
En France, l’indice des prix à la consommation recule de 0,2 % en novembre, après une petite hausse en octobre. La baisse vient surtout des services, notamment des transports, qui ont rendu une bonne partie de leur flambée saisonnière.

Sur un an, l’inflation reste sage, à 0,9 %, comme en octobre.
Pas de quoi déclencher une panique inflationniste, ni ressortir les fourches monétaires.

En Allemagne, même topo : -0,2 % sur un mois, et +2,3 % sur un an, pile dans les clous des prévisions.
Autant dire que le moteur européen tourne au ralenti, mais sans caler.

Euro-dollar : duel sans étincelles

Sur le marché des changes, pas de bagarre mémorable non plus.
L’euro termine quasiment stable face au billet vert, à 1,1737 dollar, en léger repli de 0,03 %.

Un match nul, sans prolongation, où chacun attend de voir qui dégainera le prochain chiffre macro ou la prochaine annonce de banque centrale.

Bref, cette fin de semaine aura donc ressemblé à un marché qui souffle un peu, digère la Fed, et garde un œil méfiant sur les valeurs technologiques.
L’IA reste le moteur star, mais même les moteurs dernier cri peuvent caler quand les chantiers prennent du retard.

Les investisseurs ne paniquent pas, mais ils surveillent.
Parce qu’en Bourse, quand tout semble rouler tranquille, c’est souvent là que le virage arrive.

Source : AOF

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