Marchés en mode pantoufles, sauf l’or et l’argent qui font les kékés




Pendant que la planète finance bâille et replie ses tableurs pour cause de digestion post-fêtes, un actif a décidé de faire du bruit. Non, pas les actions stars, ni le bitcoin qui adore pourtant jouer les divas. Cette fois, c’est l’argent métal qui a sorti la guitare électrique et fait un solo d’anthologie, pendant que le reste du marché jouait de la flûte douce. Ambiance générale : calme plat, volumes faméliques, traders à moitié en RTT… sauf pour ceux qui avaient un œil sur les métaux précieux. Là, ça envoyait du lourd

Dans un monde financier qui avance à tâtons, l’or et l’argent continuent de faire leur boulot de vieux briscards. Les cours ont atteint des niveaux records, prolongeant une envolée entamée depuis le début de l’année. Le scénario est classique, presque scolaire : quand ça tangue, quand l’incertitude fait la loi, on sort les valeurs refuges du coffre-fort. Et là, les investisseurs ne se sont pas fait prier. Même les banques centrales, d’habitude plus sobres qu’un moine chartreux, ont rempli les placards.

Résultat des courses : l’or a grimpé de 0,9 %, pour taper les 4541,80 dollars l’once troy. Du solide, du clinquant, du rassurant. Mais pendant que l’or faisait son numéro de sénateur respectable, l’argent, lui, a décidé de courir le 100 mètres. +4,5 % dans la journée, 74,90 dollars l’once, avec un petit flirt au-dessus des 75 dollars, histoire de dire “je peux, donc je fais”. Un vrai braquage à la hausse.

Budget US bloqué, Fed attendue : le combo qui fait flamber

Pourquoi cette ruée vers les métaux ? D’abord, parce que les États-Unis ont passé plusieurs semaines en mode budget coincé dans la machine. Quand Washington cafouille, Wall Street fronce les sourcils et les investisseurs se planquent sous la table. Ensuite, parce que la Réserve fédérale américaine laisse entendre qu’une baisse des taux pourrait pointer le bout de son nez en début d’année. Traduction en argot de marché : dollar potentiellement plus faiblard, donc métaux précieux plus sexy. CQFD.

L’or et l’argent adorent ce genre d’ambiance : un dollar qui mollit, des taux qui pourraient reculer, de l’incertitude politique… C’est leur terrain de jeu. Pendant que les autres actifs se demandent où mettre leurs billes, eux encaissent la mise.

Asie : ça monte doucement, sauf quand ça descend

Côté Asie, Tokyo a ouvert le bal avec le sourire. Le Nikkei 225 a pris 0,7 %, grimpant à 50 750,39 points, porté par une décision qui sent la grosse artillerie : un budget de la défense record, au-delà de 9000 milliards de yens. Le gouvernement de la première ministre Sanae Takaichi veut muscler sérieusement la défense du pays, missiles de croisière et drones en tête, dans un contexte de tensions bien senties avec la Chine. Résultat : les secteurs de l’industrie lourde et des hautes technologies ont sorti la tête de l’eau et mené la danse.

Ailleurs en Asie, c’était plus feutré. Shanghai a grappillé 0,1 %, histoire de ne pas perdre la face. Séoul a fait un peu mieux avec +0,5 %, pendant que Taïwan envoyait un +0,7 % bien tassé. En revanche, la Thaïlande et l’Inde ont calé, préférant lever le pied. Quant à Hong Kong, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Indonésie : rideau baissé, marchés fermés, circulez.

Devises : le dollar bombe le torse, l’euro fait la moue

Sur le marché des changes, le dollar a repris du poil de la bête, grimpant à 156,25 yens. Une petite démonstration de force face à la monnaie japonaise. De son côté, l’euro a légèrement reculé, s’échangeant autour de 1,1777 dollar, un pas en arrière sans panique, mais avec un soupçon de prudence. Rien de dramatique, mais pas de quoi sabrer le champagne non plus.

Europe et Wall Street : mode veille prolongée

En Europe, c’était simple : portes closes pour la plupart des places. Les marchés ont préféré rester au chaud, digestion des fêtes oblige. Wall Street, elle, doit rouvrir pour une séance complète après Noël, mais sans illusion : les volumes s’annoncent rachitiques. Beaucoup d’investisseurs ont déjà liquidé leurs positions pour l’année et rangé le clavier. Autrement dit, ça risque de trader au ralenti, avec plus de café que d’ordres passés.

Pétrole : petit rebond, gros souvenir de chute

Sur le front de l’énergie, le pétrole a tenté un petit rebond, histoire de rappeler qu’il existe encore. Le brut américain a gagné 18 cents, à 58,53 dollars le baril, tandis que le Brent a pris 15 cents, à 61,95 dollars. Rien de fifou, surtout quand on se souvient qu’il culminait près de 70 dollars en juin. Depuis, la pression est retombée, et l’or noir avance à pas comptés, un peu groggy.

Bitcoin : toujours là, toujours imprévisible

Et puis il y a le bitcoin, évidemment. Impossible de l’ignorer. +2,2 %, pour atteindre 89 705 dollars. Pas un record fracassant, mais suffisamment pour rappeler que la crypto n’a pas dit son dernier mot. Pendant que les marchés traditionnels font la sieste, le bitcoin continue de gigoter, fidèle à sa réputation d’actif imprévisible et légèrement hyperactif.

Au final, la séance ressemble à une fin de bal un peu molle, avec des marchés en mode pilotage automatique. Peu de volumes, peu d’enthousiasme, beaucoup d’attentisme. Mais au milieu de cette torpeur, l’argent métal a décidé de péter le plafond, rappelant que même dans les marchés les plus calmes, il y a toujours un actif pour foutre le bazar.

Moralité : quand tout le monde lève le pied, mieux vaut garder un œil sur les valeurs refuges. Parce qu’en Bourse, même quand ça roupille, il y a toujours un métal pour faire les poches aux sceptiques.


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