Le tilde fait encore tousser la justice à Bayonne

C’est reparti pour un tour de manège administratif à la sauce tricolore. Le parquet de Bayonne a encore dit non au ñ, ce petit signe qui fait toute la différence entre “Ibanez” et “Ibañez”. Emmanuelle, la maman concernée, en est restée bouche bée : son fils, lui, n’a pas eu droit à la même orthographe que le reste de la famille. Motif du refus ? “Pas dans la langue française, ma bonne dame !” Bref, un tilde qui fait tache dans les papiers de la République. Et pendant ce temps-là, la sœur d’Emmanuelle, elle, a obtenu le fameux signe sur les noms de ses deux gamins… Autant dire que la logique, ici, a pris la poudre d’escampette.

Du côté des élus, ça chauffe aussi. Le député Iñaki Echaniz, lui-même privé de son tilde, s’en amuse à moitié : “Moi, on me le refuse, mais Laurent Nuñez, lui, l’a sur son n !” Une vanne qui pique plus qu’un accent circonflexe. Même Paul Molac, le défenseur des langues régionales, s’étrangle : “C’est idéologique, pas juridique !” Bah oui, parce qu’entre l’article 75-1 qui glorifie les langues régionales et les procureurs qui les effacent à coups de circulaires, on nage en plein pataquès législatif. De quoi donner envie de coller un tilde sur la tête de tout ce beau monde, histoire qu’ils comprennent ce que c’est, une identité locale.

Car pour les Basques, le ñ, c’est pas un gadget de clavier espagnol, c’est un bout de fierté, un grain d’accent qui chante la terre et les racines. “On essaie de nous gommer notre culture”, souffle Emmanuelle, plus remontée qu’un pelotari en finale. Et franchement, on la comprend : enlever un tilde à un Basque, c’est un peu comme servir une axoa sans piment, ça perd tout son goût. Alors, la bataille du ñ continue…


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