Nouvelle année, nouveaux graphiques, mêmes traders insomniaques. Pour sa première séance de 2026, la Bourse de Paris a décidé de ne pas faire dans la gueule de bois : le CAC 40 grimpe de 0,56% et boucle à 8.195 points, histoire de rappeler à tout le monde que 2025 n’était pas un simple coup de chance. Avec +10% engrangés l’an dernier, l’indice phare arrive en janvier le torse bombé, l’air de dire « t’inquiète, j’ai encore du jus ». Dans le rétro, Wall Street démarre aussi dans le vert, comme un pote de beuverie qui assure être « clean »… mais garde un œil sur le bar
Dans les salles de marché, l’ambiance oscille entre optimisme prudent et paris de comptoir. Le nerf de la guerre reste le même : les taux, la Fed et le calendrier. Après les récentes baisses de taux outre-Atlantique, les investisseurs scrutent la banque centrale américaine comme des bookmakers devant un match serré. Marché du travail plus flou, inflation résiduelle qui colle aux semelles, pressions politiques qui tapent à la porte : le décor est planté. Et comme le mandat de Jerome Powell arrive à échéance en mai, les fantasmes vont bon train sur une Fed plus « cool », version open bar monétaire. Résultat : les spéculations s’emballent sur de nouvelles baisses de taux, surtout au second semestre 2026. Le genre de rumeur qui fait monter les actions plus vite qu’un tweet mal interprété.
Pendant ce temps, l’euro fait du surplace à 1,1735 dollar, l’or reste bien calé à 4.325 dollars l’once, façon lingot tranquille qui regarde les écrans sans sourciller. Le Brent repasse les 60 dollars, discret mais présent, pendant que le bitcoin retrouve les 90.000 dollars, comme un ancien fêtard revenu en force au réveillon. Bref, le décor macro est posé : pas d’explosion, mais un tapis vert suffisamment large pour laisser courir les bulls.
Casino rafle la mise, Douala fait le ménage
Côté valeurs, Casino sort le jackpot avec +11%, et pas grâce à une machine à sous. Le groupe a annoncé la cession effective de 3C Cameroun à 2S Retail, une opération qui s’inscrit pile dans sa stratégie de développement en franchise à l’international. Traduction en langage de marché : on allège, on s’appuie sur des partenaires locaux, et on continue d’alimenter la boutique avec ses marques maison. BAO Cash & Carry, lancé en 2018 à Douala, s’est taillé une solide réputation dans le cash & carry camerounais, avec plus de 3.000 clients pros actifs. Le concept low-cost qui cartonne reste en place, les emplois sont préservés, et la feuille de route est claire : consolidation en 2026, accélération possible en 2027. Les investisseurs ont adoré. Résultat : le titre a fait un salto arrière sans filet, sous les applaudissements.
Les valeurs s’envolent, la piste est glissante
Dans le sillage, Claranova prend 7%, histoire de rappeler qu’elle sait aussi jouer dans la cour des grands. Eramet, Air France-KLM à +6%, Viridien à +5% et Voltalia complètent le peloton de tête. Les écrans clignotent, les courbes sourient. STMicroelectronics termine à +4,5%, accompagné par Nacon, Eutelsat et Valeo, comme un groupe de rock qui enchaîne les rappels. Atos gagne 4%, suivi de Guerbet, pendant que Safran, Stellantis, Forvia et Ose avancent d’un pas sûr.
SES se paie +2,8%, Airbus et M&P embarquent dans le même avion. Renault monte de 2,5%, tracté par OpMobility, pendant que Nexans gagne 2%, flanqué de VusionGroup, Dassault Aviation, Engie et Vallourec. Bref, la cote parisienne ressemble à une soirée où tout le monde danse, même ceux qui d’habitude restent près du buffet.

Michelin muscle son jeu, TotalEnergies fait couler le dividende
Michelin, plus discret mais solide, avance de 1,3% après avoir annoncé des accords en vue d’acquérir Cooley Group et Tex Tech Industries, deux spécialistes américains des textiles et tissus techniques. Des opérations financées entièrement par la trésorerie, sans sortir la calculette en panique. Le groupe prévoit même de créer un segment de reporting dédié dès 2026 pour son activité Polymer Composite Solutions. En clair : Michelin ne se contente plus de rouler, il tisse sa toile.
TotalEnergies, de son côté, gagne 0,9% à 56 euros. Rien d’extravagant, mais le genre de hausse tranquille qui sent le dividende bien gras. Le deuxième acompte de 0,85 euro par action, détaché le 31 décembre et payable le 5 janvier, a fait plaisir aux portefeuilles en quête de rendement. Pas de feu d’artifice, mais un bon vieux billet qui tombe.
Les perdants du jour, parce qu’il en faut
Évidemment, tout le monde ne finit pas la séance en sifflotant. AB Science lâche 5%, entraînant DBV (-3,5%), pendant que S30, Euroapi, Nexity et TFF boivent la tasse. Sopra Steria recule de 2,5%, suivi de Neurones et Ipsen. Icade perd 2%, embarquant GL Events, Aubay, LFE et Eurazeo dans la glissade. Des corrections sans panique, mais suffisantes pour rappeler que la Bourse, c’est pas une ligne droite.
2026 démarre fort
Au final, cette clôture parisienne sent bon le début d’année maîtrisé. Pas de bull run hystérique, pas de krach en embuscade, mais un marché qui avance à coups de petites jambes, porté par l’espoir d’une Fed plus conciliante, des actifs refuges solides, et des entreprises qui racontent une histoire crédible. Le CAC 40 a dégainé la hausse comme on sort une bonne résolution : sans trop y croire, mais avec suffisamment d’élan pour tenir quelques mois.
Les traders rangent les confettis, les gérants ajustent les curseurs, et les investisseurs particuliers regardent leurs applis en se disant que, peut-être, 2026 ne sera pas l’année de la disette.
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