Lan eta Bizi Herrian : quand les boîtes se retroussent les manches pour éviter que leurs salariés dorment sous les ponts




On raconte souvent que trouver un logement au Pays basque, c’est comme choper une place de parking à Biarritz en plein mois d’août : faut une bénédiction, un trèfle à quatre feuilles et parfois un petit sacrifice au dieu du foncier. Pour pas mal de salariés, c’est même devenu un sport extrême style Koh-Lanta, mais sans caméra et sans totem d’immunité. Alors, au lieu de laisser leurs collaborateurs camper sur des canapés bancals ou jouer au Tetris immobilier à longueur d’année, neuf entreprises du coin ont décidé de se retrousser les manches. Pas pour monter une résidence secondaire en ossature bois, non : pour monter une société immobilière solidaire. C’est un projet baptisé « Lan eta Bizi Herrian » qui signifie « Travailler et vivre au Pays basque »… Bref, autrement dit : arrêtez de faire 50 bornes matin et soir, on va essayer de vous loger à portée de mollets

Somocap, Sogeca, Agour, Bastidarra, Voltaire Group, Betiko, ELM Construction, Groupe Ingénierie Construction et le menuisier Mathieu Membrede : voilà la dream team qui a décidé d’arrêter de chouiner contre la crise du logement et de mettre 2,5 millions d’euros sur la table. Cash, sans blabla. De quoi racheter deux baraques à Hasparren et Ayherre, puis les retaper proprement pour en sortir 11 logements clairs, nets, propres, et surtout accessibles.

Pas de caution, pas de frais d’agence, et des loyers 15 à 30 % en dessous du marché. Dans un territoire où un T2 peut coûter un bras, un rein et l’usufruit de son âme, ça fait un bien fou. On est loin du logement « cosy mais exigu » qu’on voit sur Leboncoin : ici, on parle d’un projet solidaire où les entreprises sortent le chéquier et les salariés sortent enfin du galère-mode.

Hasparren : quatre T3 inaugurés et déjà habités

Le 5 novembre, le premier immeuble remis à neuf a été inauguré : quatre T3 pimpants comme des sous neufs. Cerise sur le gâteau basque : Fanny, salariée de Somocap, a déjà posé ses valises là-bas, avec un sourire aussi large que celui d’un agent immobilier qui vient de rentrer une villa vue mer.

Proximité, confort, pas besoin de se coltiner des bouchons interminables pour rejoindre le boulot : elle pourrait presque faire ses trajets en pantoufles polaires. Bref, la preuve vivante qu’un logement digne, ça change la vie plus sûrement qu’une carte fidélité au supermarché.

Le collectif ne voulait pas « construire du neuf pour construire du neuf ». L’idée : réhabiliter l’existant, éviter de bétonner les derniers carrés de verdure, et redonner une seconde vie à des maisons qui en avaient sous le capot mais manquaient d’huile. Résultat : deux anciennes bâtisses transformées en habitat durable, sans faire saigner les sols ni pleurer les voisins.

Les logements seront attribués par un comité de sélection indépendant. Pas de piston, pas de copinage, pas de cousin du beau-frère du patron : enfin un truc dans le logement qui ne sent pas le bricolage du dimanche.

Les entreprises partenaires : un casting digne d’une sitcom solidaire

Sogeca, par exemple, explique que l’accès au logement devient tellement crispant qu’il fallait agir avant que les salariés ne finissent par dormir dans leur voiture avec le chauffage en mode survie.
Pour Bastidarra, c’est encore plus clair : « Le sujet du logement est en train de nous glisser des doigts ».
Hubert Candelé ajoute même que si on ne bouge pas maintenant, on va droit vers un territoire où seuls les touristes pourront encore payer leurs loyers. Pas top pour faire tourner les usines et les commerces.

Quant à Elkarlan, l’entreprise résume la situation : « Comme les politiques publiques n’ont pas assez d’effet, on se retrousse les manches nous-mêmes. »Traduction : la galère est trop grande pour attendre que ça se règle tout seul.

Et pour tous ces acteurs, l’objectif est limpide : loger les salariés pour qu’ils puissent vivre ici, bosser ici, et pas se ruiner en carburant ni passer leur vie sur la route.

Ce projet n’est pas juste un petit coup de com’. C’est un vrai engagement territorial, 100 % financé par les entreprises, sans subventions à rallonge, sans dossiers administratifs de 35 pages et sans réunions interminables à base de PowerPoint soporifiques. Un projet concret : tu mets de l’argent, tu retapes, tu loges. Pas besoin d’un comité théodule pour le valider.

Et les partenaires le répètent : Ce n’est pas « la solution magique », mais c’est un geste énorme pour montrer qu’un autre modèle est possible. Celui où les boîtes ne se contentent pas d’embaucher, mais se bougent pour que leurs salariés puissent poser un pied-à-terre dans le même département que leur emploi.

Le logement : un sujet qui grince partout au Pays basque

Entre les résidences secondaires, les loyers qui montent comme un soufflé au fromage, les plateformes de location saisonnière et les terrains disponibles aussi rares qu’une place libre à la plage en juillet, le Pays basque souffle dans le même cor que les grandes métropoles : se loger devient un parcours du combattant.

Et quand les salariés ne trouvent rien à moins de 45 minutes du boulot, devine ce qu’il se passe ?
Ils lâchent l’affaire. Les entreprises galèrent à recruter, les équipes tournent, et au final tout le monde rame dans la même barque, mais sans rames. Ce projet, c’est donc aussi une façon de dire : « Si on veut garder du monde dans nos boîtes, il faut d’abord pouvoir les loger. »

Avec ce regroupement, les entreprises montrent que la solidarité n’est pas qu’un mot qu’on met dans les discours de fin d’année. Elles prouvent qu’on peut créer un cercle vertueux : des salariés mieux logés = moins de stress = moins de route = plus d’ancrage = plus de fidélité = plus de talents qui restent. t quelque part, c’est aussi une manière de défendre un modèle basque : un territoire vivant, pas un décor de carte postale réservé à ceux qui peuvent payer.

Quatre logements inaugurés, sept autres en cours, un collectif motivé, des salariés soulagés : le projet commence à faire des petits. Si les résultats continuent d’être aussi prometteurs, d’autres rénovations pourraient suivre.


Le Pays basque ne se transformera pas en miracle immobilier du jour au lendemain, mais on peut essayer de se comporter comme dans une coloc bien gérée : quand tout le monde met la main à la pâte, on avance.


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