Encore un coup de chaud pour la route de la corniche entre Ciboure et Hendaye : la falaise s’effrite, l’asphalte trinque et la départementale 912 fait grise mine entre le camping Juancho et le blockhaus. Résultat, ça phosphore sec dans les bureaux : État, communes, Département, agglo et Conservatoire du littoral se creusent la tête pour éviter que la route ne finisse à la flotte. L’idée sur la table ? Décaler la chaussée dans les terres, par petits bouts, sur six tronçons. Pas gravé dans le marbre, mais clairement dans les tuyaux.
Pour faire bouger le bitume, il faut du terrain, et certains jouent le jeu. À Urrugne, l’agricultrice Josiane Etcheverze a donné son feu vert pour céder quelques mètres de son champ : 663 m² à un euro le mètre carré. Une broutille niveau surface, mais un gros coup de pouce pour garder la route en vie. Parce que sans elle, c’est simple : isolement total, moins de passage, et adieu les clients qui viennent chercher le lait à la ferme. Un voisin, lui, lâche carrément 2 600 m². Autant dire qu’on ne parle plus de grignotage, mais presque d’un vrai casse-croûte foncier.
De son côté, le Conservatoire du littoral a aussi dit banco pour prêter temporairement deux morceaux de terrain pourtant ultra-protégés. Attention, prêt sous conditions : si Paris valide, la route pourra passer… mais avec clause de revoyure dans dix ans, histoire de rendre la nature à la nature. En attendant mieux, comme des transports costauds type RER basque, histoire de soulager la corniche. Les travaux, eux, ne sont pas pour demain : pas avant deux ans, le temps de tamponner tous les papiers. Bref, la route n’est pas sauvée, mais elle n’est pas encore bonne pour la casse.
