À Tardets, y avait plus de place pour poser un orteil : la 24e Korrika a démarré dans une ambiance de folie, avec des milliers de participants venus de tout le Pays basque. Objectif ? Faire courir, et surtout vivre, l’euskara sur 2 175 km, pendant 11 jours et 10 nuits, jusqu’à Bilbao. Une vraie course de fond où le seul dopage autorisé, c’est l’amour de la langue basque.
Au programme, un relais non-stop avec pas moins de 3 500 passages de témoin. À l’intérieur de ce fameux bâton, un message secret qui ne sera dévoilé qu’à l’arrivée. Entre deux foulées, les organisateurs d’AEK ont rappelé que le défi est costaud : il faudrait 40 000 locuteurs en plus d’ici 2050 pour atteindre 30 % de bascophones au nord. Autant dire qu’il va falloir courir vite… et surtout parler beaucoup.
Sur place, c’était la fête du slip version basque : familles, potes, jeunes, anciens, tous à bloc pour soutenir l’euskara. Les accents de Soule, de Navarre ou de Biscaye se mélangeaient dans un joyeux brouhaha, avec une émotion particulière pour les Souletins qui attendaient ce départ depuis un bail. Après 40 ans d’existence, la Korrika continue de tracer sa route… et clairement, elle n’est pas prête de s’arrêter de cavaler.
