À Bayonne, ce n’est pas une équation de maths qui a fait vriller un prof de 50 ans, mais une pluie de SMS, d’appels et de vocaux tombée sans prévenir pendant plus de deux ans. Des milliers de messages, parfois graveleux, parfois carrément flippants, envoyés par son aide ménagère. Résultat : l’enseignant parle d’« enfer », sombre dans la dépression et se retrouve mardi 9 décembre devant le tribunal judiciaire, pendant que l’auteure du déluge, 51 ans, brille par son absence. Ambiance lourde, très loin du simple coup de balai hebdomadaire.
Au départ, pourtant, rien que du banal : un prof, une femme de ménage, des samedis à nettoyer. Sauf que le scénario a vite dérapé, version harcèlement XXL. Malgré plusieurs plaintes, la prévenue continue, persuadée que son employeur est fou d’elle. Plus de 300 appels en un mois, des insultes, des menaces, et même un passage au domicile d’Urt pour y balancer des poubelles, scène immortalisée par les caméras. « Elle a détruit une partie de ma vie », lâche la victime, pompier volontaire, complètement lessivé par cette histoire devenue incontrôlable.
À l’audience, la procureure évoque des messages « anxiogènes », mélange chelou de séduction et d’intimidation, parlant clairement d’érotomanie. La défense, elle, plaide la maladie et l’altération du discernement. Verdict : huit mois de prison, dont quatre ferme aménageables, le tribunal retenant une responsabilité atténuée. Une affaire où tout le monde ressort lessivé.
