En ce 3 décembre, journée internationale de la langue basque, Ttitto Betbeder, patron de l’Office public de la langue basque, est venu taper la discute sur ICI Pays Basque. Et autant dire qu’il n’a pas mâché ses mots : oui, l’euskara a encore de la voix, mais ce n’est pas non plus le moment de partir en sifflotant. Les dernières enquêtes socio-linguistiques montrent un nombre de bascophones plutôt stable côté nord, et même des jeunes qui s’y remettent sérieusement. Sauf qu’avec la population qui gonfle, proportionnellement, ça sent quand même un peu le roussi.
Ttitto recadre vite le débat : attention à ne pas prendre les chiffres pour argent comptant sans regarder la bande-annonce complète. « La chute s’est enfin arrêtée », dit-il en substance, ce qui n’était pas gagné après un siècle de glissade façon toboggan linguistique. Merci qui ? Merci l’école, où l’on fabrique désormais des bascophones tout neufs. La transmission familiale, elle, a pris ses RTT depuis un moment, mais peut-être reviendra-t-elle pointer d’ici quelques années. Et, fait rare : c’est le seul coin de France où une langue régionale remonte la pente au lieu de sombrer comme un vieux manuel de grammaire oublié.
Mais attention, prévient le directeur : pas la peine d’ouvrir le champagne ou de faire danser les consonnes trop vite. « Si on compare aux autres langues régionales, on s’en sort mieux », concède-t-il. Mais à l’échelle large, l’euskara reste une langue en danger, une sorte de guerrier linguistique qui tient debout parce que tout le monde se relaie pour l’empêcher de se vautrer. Bref : le basque n’est pas encore au tapis, mais si on ne continue pas à le bichonner, il risque de finir à parler tout seul.
