La mode en ce moment, c’est la santé mentale. T’allumes ta télé et tu tombes sur une pub de l’État sur le sujet. La santé mentale des étudiants de l’UPPA, c’est un peu comme un vieux scooter qui cale au feu rouge : ça pétarade, ça tousse, et ça avance quand ça peut. Selon le tout premier baromètre d’Ipsos BVA, moins d’un sur deux dit aller bien, et sur les campus basques, ça se confirme sévère. À l’Espace santé étudiant, les docs voient défiler 2.500 jeunes par an, dont une belle poignée vient pour des soucis psychologiques. « Environ 30% des consultations tournent autour de ce bazar-là », soupire la Dr Chantal Manuel De Condinguy, pas loin de se dire qu’elle aussi aurait bien besoin d’un check-up.
Quand on tend l’oreille côté amphis, ça couine. Rêver de ses cours, se réveiller en sursaut en pensant à son alternance, c’est devenu le sport national : Lisa, en licence à Bayonne, avoue qu’elle carbure plutôt bien… sauf quand son cerveau décide de faire des heures sup’ la nuit. Emma, en master de droit, résume l’affaire sans chichi : si tu rajoutes pépins perso, job étudiant et manque de sommeil au menu, « t’es mort ».
Entre pressions académiques, trouilles existentielles et solitude qui pique, les étudiants jonglent avec leurs angoisses comme des pros du funambulisme. « Tout ce qui tourne dans leur vie peut les mettre en rupture », rappelle la médecin. Heureusement, l’ESE et un psy sont sur le pont pour éviter que trop de jeunes finissent au tapis. Pas de miracle, mais au moins, personne ne traverse tout ça en mode solo… et au Pays basque, c’est déjà pas rien.
