La star qui fit pousser les moulinets de vent et claquer les cœurs dans les années sixties s’est finalement retirée… pour de bon. Brigitte Bardot, icône planétaire du cinéma français, est décédée à l’âge de 91 ans, a annoncé ce dimanche 28 décembre 2025 la Fondation qui porte son nom
Dans un communiqué empreint de tristesse, la Fondation Brigitte Bardot a rappelé que celle que l’on surnommait tendrement « BB » avait choisi de délaisser la pellicule au sommet de sa gloire pour dédier sa vie à la défense des animaux. Ce double rôle, femme fatale du 7ᵉ art et militante infatigable pour la cause animale, restera dans les annales, mêlant images immortelles et engagements tout sauf factices.
On imagine bien Bardot, moustache au vent, sourire malicieux et attitude qui disait « Viens voir mes rushs », à l’heure où le cinéma se penche sur son destin avec la même attention qu’un critique devant un classique de la Nouvelle Vague.
BB, muse, moteur et phare du cinéma français
Brigitte Bardot n’a pas juste joué dans des films : elle les a incarnés, de l’intérieur, jusqu’au bout de sa chevelure iconique. Elle a littéralement explosé sur la scène mondiale à partir de 1956, grâce à And God Created Woman (Et Dieu… créa la femme), un film qui fit tourner les têtes et grincer les conventions.
Entre Paris, Saint-Tropez et des plateaux qui haletaient déjà des projecteurs, la liste de ses classiques donne envie de dépoussiérer sa cinémathèque :
La Vérité – pas celle qu’on raconte aux soirées, mais celle face caméra qui traînait des débats comme une queue de production interminable.
Come Dance With Me! – ou comment ce titre sonnait comme une invitation à faire valser tous les clichés cinéphiles.
A Very Private Affair – le genre de drame intime qui aurait pu marcher avec une grosse caisse d’amuse-gueules.
Two Weeks in September – transgenre franco-british, aussi léger qu’un script bluffant.
Sa filmographie, riche d’environ une cinquantaine d’œuvres, fait de Bardot une actrice qui n’a jamais eu peur de bouger les lignes de scénario.
Une renonciation volontaire… mais pas amnésique
À l’âge de 39 ans, Bardot a choisi de poser sa caméo, déclarant, comme l’aurait fait un réalisateur capricieux à Cannes, que le rôle ne la faisait plus vibrer. Depuis, elle s’est consacrée pendant des décennies à une cause qui lui tenait à cœur : la défense des animaux. Sa fondation, érigée en 1986, devint le prolongement de son étoile, une manière de tourner un nouveau film, sans script mais avec élan.
Brigitte Bardot troqua le plateau pour la vie réelle, se retrouvant parfois au centre de controverses tout aussi vives que les applaudissements d’une première de gala. Ses prises de position politiques et sociales, notamment sur l’immigration ou l’identité nationale, ont suscité autant de débats que certains longs métrages provocateurs. Cette dualité, icône à l’écran, voix clivante hors champ, fait partie de l’héritage qu’il faut accueillir sans faux-semblants et avec respect des faits.
Hommages et caméos mémorables
À l’instant où la nouvelle a fuité sur les rédactions, les hommages ont afflué. Le président français a salué une « légende du siècle », rappelant l’impact culturel considérable de Bardot. Fans, réalisateurs, cinéphiles et spectateurs de tous bords se remémorent déjà ses scènes cultes, du mambo de Et Dieu… créa la femme à son monologue bouleversant dans Le Mépris, deux moments qui continuent à faire vibrer les bobines.
Sur les réseaux, fleurissent déjà les citations, les captures d’écran et les hashtags dédiés à BB, symbolisant autant l’audace que l’ambiguïté d’une carrière unique. Les débats vont bon train, entre admiration pour son aura cinématographique et critiques sur ses prises de parole controversées. Une chose est claire : son passage sur terre avait la même intensité qu’un plan-séquence de Godard, difficile à oublier.
Difficile de résumer une existence en quelques lignes quand on a été à la croisée des chemins du 7ᵉ art et de l’activisme. Bardot fut une icône de liberté, un sex-symbol des années 60, et une militante infatigable pour les animaux, consacrant son énergie à sa fondation plus que les paillettes d’Hollywood.
La Fondation Bardot elle-même a rendu hommage à son choix de vie : « Madame Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, qui choisit d’abandonner sa carrière prestigieuse pour consacrer sa vie à la protection animale ».
À la « La Vérité », comme on dit au ciné, ce portrait est complexe : lumière et ombre s’entremêlent, glamour et engagement se répondent, pour créer le portrait d’une femme qui a marqué le grand écran… et bien au-delà.
Rideau, mais on n’éteint pas la salle
Alors que le clap final tombe sur une vie en 3D, drame, amour, passion, Brigitte Bardot laisse derrière elle un héritage aussi riche que les archives d’un festival de Cannes. Actrice, ambassadrice de liberté, militante, scandaleuse parfois, mais toujours inoubliable au générique de nos souvenirs.
La salle peut s’obscurcir, les fauteuils se relever et le projecteur s’éteindre… mais BB, elle, restera à jamais dans le panthéon du cinéma. Comme disent les vieux loups du métier : « C’était plus qu’un rôle, c’était une légende ». Hasta la vista BB…
