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Chronique du Dr Osasuna – Janvier, le mois où même l’alarme du réveil se met en burn-out




Vous vous sentez raplapla, lessivé, à plat comme une batterie de téléphone oubliée en mode avion ? Rassurez-vous, vous n’êtes ni cassé ni devenu subitement allergique au lundi matin. C’est janvier. Le mois où le corps rame, où la tête traîne en charentaises et où l’énergie part hiberner sans laisser d’adresse. Bonne nouvelle : c’est normal. Moins bonne nouvelle : ce n’est pas magique. Mais excellente nouvelle quand même : ce n’est pas une fatalité

Dans son cabinet imaginaire mais à l’ordonnance bien réelle, le Dr Osasuna observe chaque année le même ballet. Des patients encore parfumés à la galette des rois, le regard flou, la motivation en RTT prolongée. Les fêtes ont promis du repos, parfois même quelques jours off pour se requinquer en famille. Et pourtant, à peine la reprise digérée, bim : fatigue au tournant, moral en pantoufles, envie de cocooner sévère. Janvier débarque avec ses résolutions flambant neuves, mais on entre dans l’année en traînant la savate.

Inutile de se flageller à coups de bonnes intentions. Comme le rappelle le Dr Adrian Chaboche, médecin généraliste et psychothérapeute, la fatigue de janvier est une vieille connaissance. La cause numéro un ? La lumière, ou plutôt son absence. Quand le soleil fait la grasse mat’ et que la nuit joue les prolongations, notre organisme se met en mode économie d’énergie. La mélatonine, cette hormone qui prépare le terrain pour le dodo, se pointe plus tôt que prévu. Résultat : à 18 heures, on a déjà envie de s’affaler sur le canapé, plaid sur les genoux, la Roue de la Fortune ou une série douteuse en fond sonore. Le matin, même topo à l’envers : le cortisol, l’hormone qui nous met le moteur en route, traîne la patte. Le réveil sonne, mais le corps n’a pas reçu le mémo.

Quand le corps passe en mode économie d’énergie

À ce joyeux bazar hormonal s’ajoutent d’autres grains de sable. Le froid, par exemple. Se maintenir au chaud, ça coûte de l’énergie. Le corps brûle des calories pour produire de la chaleur, et si l’assiette ne suit pas, la fatigue s’invite. Attention toutefois à ne pas confondre adaptation alimentaire et régime tristounet. Zapper fruits et légumes sous prétexte qu’il fait frisquet, c’est le meilleur moyen de finir encore plus rincé. L’hiver, on bouge aussi moins. Le canapé devient un aimant, le sport un souvenir lointain. Or, moins on bouge, moins on se sent bien. Ajoutez à cela les virus qui circulent comme des touristes en période de soldes : quand l’organisme lutte contre un microbe, il ne peut pas en même temps faire le plein d’énergie.

Mais pour le Dr Osasuna, qui s’inspire des analyses du Dr Chaboche, il y a un truc plus profond, presque philosophique. L’hiver est censé être la saison du ralentissement, du repos, du remplissage des réserves. Or, dans notre monde pressé comme un citron, c’est souvent l’inverse. On nous demande d’être performants, productifs, compétitifs, alors même que la nature entière lève le pied. Ce décalage entre le tempo biologique et le tempo social, c’est de la fatigue en barre.

Alors non, préférer une soirée plaid plutôt qu’une virée jusqu’à pas d’heure n’est pas un crime contre la joie de vivre. La fatigue a même une fonction utile : elle annonce le sommeil, ce grand atelier de réparation nocturne. C’est la nuit que le corps récupère, que les muscles se refont une santé, que le cerveau trie, classe, digère la journée et les souvenirs. Le sommeil, c’est un peu le service après-vente de l’organisme.

Et si on ne peut pas dormir plus, on peut au moins s’autoriser à ralentir. Rêvasser, ne rien faire, vraiment rien. Trois minutes sans téléphone, sans notification, sans to-do list. Ça a l’air simple, mais c’est un sport de haut niveau. Pourtant, ce repos tranquille est étonnamment réparateur. L’esprit vagabonde, se réinvente, se projette sans pression. C’est du carburant pour plus tard.

Pour traverser janvier sans finir en loque, les conseils restent du bon sens. Un rythme de sommeil régulier, une alimentation variée et de saison, un peu de poisson gras, des oléagineux, des légumineuses, histoire de donner au corps ce dont il a besoin. Bouger aussi, même mollo. Une marche, quelques étirements, un sport doux : l’activité physique, paradoxalement, redonne de l’énergie. Profiter du Dry January pour lever le pied sur l’alcool peut aider, tout comme entretenir sa vie sociale. Un café avec un ami, un coup de fil, ça recharge parfois mieux qu’un expresso serré.

Les compléments alimentaires ? Pourquoi pas, sur une courte période, pour un petit coup de pouce. Mais inutile de vider le portefeuille : leur efficacité n’est pas toujours prouvée. Et surtout, ils ne remplacent ni le sommeil ni une hygiène de vie correcte.

Batterie à plat : faut-il dormir, ralentir… ou consulter ?

Reste la grande question : quand faut-il consulter ? Là, le Dr Osasuna est formel. Si malgré le repos, une alimentation correcte et un peu d’exercice, la fatigue s’accroche comme un chewing-gum sous la chaussure, il faut demander l’avis d’un professionnel. La métaphore est simple : si la batterie du téléphone est presque vide après une nuit de charge, c’est qu’il y a un souci. Même alerte si la fatigue empêche de vivre normalement. Souvent, les causes sont banales : carences en fer, en magnésium, en vitamines. Mais parfois, une fatigue persistante peut signaler autre chose : un problème de thyroïde, une maladie chronique, une dépression, une apnée du sommeil. D’où l’importance de ne pas faire l’autruche.

Et pour ceux qui auraient envie de demander conseil à leur moteur de recherche préféré, le Dr Osasuna sourit derrière son stéthoscope imaginaire : « Internet, c’est bien, mais ça ne remplace pas un médecin. Et vous allez vous trouver un cancer parce que Titine45, du forum ‘Et toi, qu’est ce que t’as ?‘ a les mêmes symptômes et qu’il lui reste six mois à vivre » Noter ses coups de mou sur un calendrier peut aider à y voir clair et à décider de consulter.

En attendant, si en janvier vous avez l’impression d’avancer à vitesse réduite, ne vous traitez pas de feignasse. Votre corps fait juste ce que l’hiver lui demande. Écoutez-le un peu, bichonnez-le beaucoup, et vous verrez : l’énergie finit toujours par revenir. Souvent avec le printemps, parfois même un peu avant. En attendant, autorisez-vous à lever le pied. Janvier, ce n’est pas une panne : c’est une mise au ralenti. Et parfois, ça fait du bien.

Source : Huffpost

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