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Chronique du docteur Osasuna : Les noctambules du smartphone




Chers insomniaques, accros de la notification, adeptes du like nocturne et autres disciples du scroll infini, asseyez-vous sur le divan. Ici le docteur Osasuna, médecin autoproclamé du ciboulot, spécialiste des neurones qui clignotent à trois heures du mat’ et des batteries qui meurent avant leurs propriétaires. Aujourd’hui, je viens vous parler d’un phénomène aussi moderne que vos cernes : la génération Z qui se couche tard, se colle à son portable et finit par faire copain-copain avec la dépression et l’anxiété

C’est pas moi qui le dis pour vous faire peur comme un psy de comptoir. C’est une étude toute neuve, publiée le 12 septembre 2025 dans la revue scientifique PLOS One, et relayée par nos confrères de Fast Company. Traduction : des gens sérieux ont regardé ce que fabriquaient 407 jeunes adultes entre 18 et 25 ans, et ils ont conclu qu’un bon paquet d’entre eux n’avait pas que les yeux explosés le matin.

Les hiboux numériques : quand la nuit tombe, la santé plie

Première constatation : les couche-tard de la génération Z sont de vrais hiboux numériques. Ils sortent les griffes du Wi-Fi quand le reste du monde s’endort, comme si Instagram allait leur chanter une berceuse. Problème : plus ils décalent l’extinction des feux, plus ils ont tendance à devenir accros à leur téléphone, aux réseaux sociaux et aux shoots de dopamine artificielle que procure chaque like.

Et là, patatras. Au lieu d’apaiser leur anxiété, ce rituel du scrolling nocturne vient leur flinguer le moral et la qualité du sommeil. Dépression, solitude, ruminations en boucle : le smartphone censé servir de doudou devient un saboteur du cortex. En jargon médical, on appelle ça « se tirer une balle dans le pied du cerveau ».

Selon l’étude, si ces jeunes se collent à leurs écrans comme des moules à leur rocher, c’est avant tout parce qu’ils se sentent seuls le soir. Quand le monde dort, eux restent éveillés, décalés socialement comme un réveil qui sonne dans le mauvais fuseau horaire. Alors, pour meubler ce silence pesant, ils dégainent TikTok, WhatsApp et compagnie.

Sauf que le lien social virtuel de minuit a un goût amer. Ce n’est plus une conversation, c’est une perfusion de contenu qui vise à anesthésier la solitude. On cherche moins à parler qu’à s’abrutir de vidéos de chats ou de challenges improbables. Résultat : on se couche encore plus tard, on dort encore moins bien, et le moral se prend un gadin façon chute libre sans parachute.

Anna-Stiina Wallinheimo, professeure à l’Université de Portsmouth et autrice de l’étude, résume ça très bien : « Nos résultats mettent en évidence un cercle vicieux. » Autrement dit : le cerveau se sent seul, alors il cherche du réconfort numérique, mais ce réconfort le rend encore plus mal en point. C’est comme boire de l’eau salée pour calmer sa soif : au début ça passe, mais ça finit par cramer de l’intérieur.

Quand le cerveau tourne en rond

Imaginez un hamster sur sa roue. Maintenant remplacez la roue par un fil d’actualité sans fin et le hamster par un jeune adulte de 22 ans avec des écouteurs collés aux oreilles. Voilà le tableau. Plus ça tourne, plus ça fatigue, mais impossible de descendre. La faute à l’architecture même des applis : elles sont pensées pour nous tenir éveillés, flatter nos neurones comme un dealer flatte son client.

C’est le fameux cercle vicieux : anxiété → solitude → téléphone → sur-stimulation → encore plus d’anxiété. À ce stade, même Freud, Jung et Doctissimo réunis auraient levé les bras au ciel.

Le hic, c’est que le sommeil, c’est littéralement de la médecine gratuite. Chaque heure volée à Morphée, c’est comme retirer une pilule d’équilibre mental de votre ordonnance invisible. Moins de sommeil, c’est plus de stress, plus d’irritabilité, et un moral qui descend aussi vite qu’une batterie d’iPhone sans chargeur.

Or, les couche-tard de la génération Z ne se contentent pas de rogner sur leurs heures de repos : ils s’offrent en prime des séances de luminothérapie bleue à 2 h du matin. Résultat : leur cerveau croit qu’il est midi, refuse de sécréter la mélatonine et se met en grève. Pas étonnant qu’ils se réveillent le matin avec la tête dans le cul, le moral en bas et l’impression d’avoir fait la guerre contre un oreiller trop mou.

Conseils du Dr Osasuna : arrêtez de prendre votre smartphone pour un psy

Alors, que faire ? Les auteurs de l’étude conseillent d’arrêter de considérer les réseaux sociaux comme un pansement psychologique. Pas besoin d’un doctorat pour piger que TikTok n’a jamais soigné une solitude chronique. Moi, docteur Osasuna, j’ajoute même : « Un like ne remplacera jamais une accolade, et un scroll ne vaudra jamais un sourire réel. »

À la place, prenez ce temps libre du soir pour réfléchir, méditer, écrire, dessiner, respirer, rêvasser… bref, tout ce qui ne passe pas par un écran qui clignote. En médecine douce, ça s’appelle « réapprendre à être avec soi-même sans chercher un anesthésiant ». Oui, je sais, c’est moins sexy qu’une notification, mais c’est plus efficace sur le long terme.

Soyons clairs chers patients ! Ce n’est pas qu’un souci individuel. C’est une tendance sociale lourde. Quand toute une génération cale son horloge biologique sur les réseaux, on obtient une jeunesse fatiguée, anxieuse, dépressive et toujours à la recherche du prochain shoot numérique. C’est un problème de santé publique autant qu’un problème de santé mentale.

Et comme d’habitude, ce sont les plus fragiles qui trinquent : ceux qui n’ont pas de cercle social solide, qui se sentent déjà isolés, ou qui ont un terrain anxieux ou dépressif. Pour eux, le téléphone devient à la fois béquille et piège, et sortir du cercle vicieux demande plus qu’un conseil balancé sur un journal basque de haute qualité. Ça demande de l’accompagnement, de l’éducation et une vraie prise en charge.

Docteur Osasuna conseille…

Alors voilà, chers lecteurs insomniaques : si vous vous reconnaissez dans ces hiboux numériques, sachez qu’il n’est pas trop tard pour changer. Votre cerveau, ce brave petit organe qui carbure jour et nuit, mérite un peu de repos. Éteignez votre portable avant que lui n’éteigne votre joie de vivre.

La science a parlé ! Se coucher tard avec son téléphone, c’est l’équivalent mental d’un fast-food quotidien. Ça remplit, ça distrait, mais ça finit par plomber la santé. Alors, un conseil de médecin en blouse imaginaire : apprenez à décrocher. Vos neurones vous diront merci, vos rêves redeviendront vos vrais réseaux sociaux, et vous verrez qu’il y a de la vie, même sans Wi-Fi.

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