Sur les marchés financiers, il y a des semaines où ça trinque… et d’autres où ça couine sévère. Celle qui vient de s’achever appartient clairement à la deuxième catégorie. À Paris, la Bourse a encore pris une claque, enchaînant une troisième semaine consécutive dans le rouge. Autant dire que les traders commencent à regarder leurs écrans comme on regarde un ticket de loto perdant : avec un mélange de déni et de résignation
Le CAC 40 a clôturé la séance en baisse de 1,82 %, à 7 665,62 points. Sur la semaine, la note est encore plus salée : -3,11 %. Et depuis le début du conflit au Moyen-Orient, l’indice parisien s’est fait délester de plus de 10 %. Une vraie cure d’amaigrissement forcée pour les portefeuilles.
Le CAC joue au yoyo… puis finit par lâcher l’affaire
La journée avait pourtant commencé avec un petit air d’optimisme. Le CAC 40 grimpait gentiment de près de 1 % en matinée, comme un vendeur de voiture qui croit avoir flairé le bon coup.
Mais très vite, la réalité a rattrapé tout ce petit monde. L’indice a commencé à glisser, à tanguer, à hésiter… avant de plonger franchement dans le rouge. Une séance en mode montagnes russes, sans ceinture de sécurité.
Même ambiance ailleurs en Europe. À Londres, le FTSE 100 a perdu 1,45 %. À Francfort, le DAX 40 a lâché 1,94 %.
Bref, sur le Vieux Continent, c’était séance de déprime collective. Un peu comme un lundi matin pluvieux.
Le pétrole mène la danse (et les marchés trinquent)
Si les marchés partent en vrille, ce n’est pas pour rien. Ben non ! Le vrai patron du moment, ce n’est ni un PDG ni un banquier central : c’est le pétrole.
Depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et Iran, les cours de l’or noir jouent les stars capricieuses.
Le WTI grimpe de 3,29 % à 97,03 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord flambe à 109,53 dollars (+2,13 %). Et quand le pétrole s’emballe, les marchés, eux, transpirent.
Parce que derrière cette hausse, il y a un mot qui fait flipper tout le monde : inflation.
Le conflit s’enlise et les investisseurs flippent
Sur le terrain géopolitique, rien ne s’arrange. Le conflit entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran entre dans sa quatrième semaine, avec des frappes militaires qui continuent de s’enchaîner.
Les États-Unis et Israël ont visé des navires iraniens dans plusieurs ports, entraînant des représailles immédiates. De son côté, l’Iran a haussé le ton, promettant de traquer ses adversaires… même en vacances.
Ambiance.
Dans les salles de marché, chaque nouvelle info est scrutée comme un graphique de Poclain en 1985. Et plus le conflit dure, plus les investisseurs commencent à imaginer le pire scénario : une crise énergétique durable.
Les taux grimpent, les nerfs lâchent
Autre effet kiss cool de cette situation : la remontée des taux.
Le rendement de l’emprunt d’État allemand à 10 ans a atteint un niveau inédit depuis 2011. Et du côté français, même punition : les taux sont au plus haut depuis quinze ans.
Traduction pour les non-initiés : emprunter coûte plus cher, et ça, les marchés n’aiment pas du tout.
Sur le marché des devises, l’euro fait aussi grise mine face au dollar, reculant légèrement à 1,1552. Rien de dramatique, mais suffisamment pour rappeler que dans les périodes de stress, les investisseurs se réfugient souvent du côté du dollar.
Banques centrales : mode pause, mais regard inquiet
Dans ce joyeux bazar, les banques centrales jouent la carte du calme… en apparence. Le « T’inquiète… On gère ».
La Réserve fédérale des États-Unis et la Banque centrale européenne ont toutes les deux décidé de ne pas toucher à leurs taux.
Pas de hausse, pas de baisse. On temporise.
Mais derrière cette posture tranquille, l’inquiétude est bien là. La BCE a revu ses prévisions : croissance en baisse, inflation en hausse. Merci le pétrole et le contexte géopolitique.
Selon la banque suisse UBS, les taux pourraient rester autour de 2 %… sauf si la situation dégénère. Dans ce cas, deux hausses de taux ne sont pas à exclure d’ici la fin de l’année.
Autant dire que les marchés gardent un œil sur le calendrier… et l’autre sur le baril.
Côté entreprises : ça bricole dans tous les sens
Sur le front des valeurs, c’est un peu la foire à la saucisse.
Le groupe hôtelier Accor a réussi à grappiller 0,58 %, histoire de sauver les meubles après une lourde chute la veille. Le groupe a démenti certaines accusations sensibles tout en lançant une enquête interne.
À Varsovie, CD Projekt a fait le show avec un gain de 4 %. Le studio derrière Cyberpunk et The Witcher a publié des résultats solides, avec des revenus et bénéfices en hausse. Rien de surprenant, les polonais…
Mais ailleurs, ça a toussé sévère.
À Londres, Smiths Group a dévissé de plus de 10 % après des résultats jugés trop mous. Même punition pour JD Wetherspoon, qui a perdu plus de 10 % après avoir prévenu que ses bénéfices pourraient décevoir.
En Espagne, Indra Sistemas a tenté de limiter la casse avec un petit +0,10 %, après une grosse correction.
Et à Francfort, Infineon Technologies a repris des couleurs (+4 %) grâce à un relèvement de recommandation. Comme quoi, même en plein marasme, certains arrivent à faire un petit billet.
Une Bourse sous tension, entre trou d’air et coup de stress
Au final, les marchés européens terminent la semaine sur les rotules. Entre tensions géopolitiques, pétrole en surchauffe et incertitudes économiques, l’ambiance est clairement à la prudence.
Les investisseurs naviguent à vue, un peu comme des marins en pleine tempête, en espérant éviter le naufrage.
La grande question reste la même : combien de temps ce bazar va durer ?
Parce que si le conflit s’éternise et que le pétrole continue de grimper, les marchés pourraient bien continuer à dévisser.
En attendant, sur les places financières, on serre les dents, on ajuste les positions et on évite de faire n’importe quoi.
Bref, comme diraient les vieux briscards de la Bourse : quand le marché devient nerveux, mieux vaut garder ses billes… et éviter de jouer les flambeurs.
Source : ZoneBourse
