Boléro, boulot, dodo : la rentrée qui swingue façon Ravel




Du 28 août au 7 septembre 2025, le Pays Basque va vibrer comme une caisse claire pendant le Hiri Besta d’Hendaye. Pour fêter les 150 ans de Maurice Ravel, le Festival qui porte son blaze sort l’artillerie lourde : orchestres XXL, jeunes loustics en devenir, créations mondiales, et un Boléro décliné à toutes les sauces. On vous raconte cette partition géante où les fausses notes ne sont pas permises, mais où la rigolade est vivement conseillé

Il y a des anniversaires qu’on fête avec un gâteau, trois bougies et un vieux tonton qui pique du nez. Et puis y’a les anniversaires façon Ravel : dix jours de fiesta symphonique, des orchestres qui débarquent par camions entiers, des pianistes qui martyrisent leurs claviers comme d’autres les flippers, et un Boléro répété jusqu’à ce que même les mouettes de Ciboure battent la mesure. Bienvenue au Festival Ravel 2025, édition spéciale 150 piges du maître basque, aka Maurice, le dandy qui a transformé la Côte en boîte à musique mondiale.

De la « Grande Semaine » au blockbuster musical

Petit flash-back : en 1960, un maire de Saint-Jean-de-Luz, Pierre Larramendy, décide de lancer « La Grande Semaine ». Au menu : concerts classieux et prestige royal, histoire de fêter les 300 balais du mariage de Louis XIV. Ça cartonne : Rubinstein vient poser ses doigts, Martha Argerich déboule en furie, Ciccolini pianote comme un dieu. Bref, la station balnéaire devient la Croisette des arpèges. En 1967, bim, l’Académie Ravel se greffe, histoire de former les jeunes cracks à la sauce française. Bertrand Chamayou, le boss actuel, en fut élève, preuve que les mômes bien coachés finissent par piquer la baguette aux anciens.

Pendant des années, Musique en Côte Basque et l’Académie Ravel jouent en duo, un peu comme Lennon et McCartney : chacun sa voix, mais ensemble ça groove. En 2020, les deux fusionnent, et bam : le Festival Ravel naît officiellement. Avec Jean-François Heisser en papa protecteur et Chamayou en rejeton prodige, la machine se met en place.

2025 : le grand barnum ravélien

Pour souffler les 150 bougies de Maurice, le festival balance une programmation digne d’un Marvel. Dix jours de musique, du 28 août au 7 septembre, entre Saint-Jean-de-Luz, Ciboure et les recoins les plus stylés du Pays Basque. Sur scène, que du lourd : l’Orchestre de l’Opéra national de Paris mené par Thomas Adès, l’Ensemble intercontemporain conduit par Pierre Bleuse, l’Orchestre National de France dirigé par Philippe Jordan, et même l’Orchestre national du Capitole de Toulouse piloté par Tarmo Peltokoski. Autant dire que ça va envoyer du son plus fort que la Zarpai un soir de fiesta.

Côté répertoire, c’est Ravel en mode encyclopédie : Concerto pour la main gauche (la star du festival, fil rouge oblige), Tzigane, Ma Mère l’Oye, Pavane pour une infante défunte, Rapsodie espagnole, Daphnis et Chloé… Et bien sûr, le Boléro, répété, remixé, décliné en plusieurs versions. Gare aux overdoses : à force, même les clochers de Saint-Jean vont taper du pied.

Un casting cinq étoiles

Côté têtes d’affiche, ça brille comme une remise des César : Katia et Marielle Labèque, toujours en duo infernal, Bertrand Chamayou himself au clavier, et une armée de solistes dont les noms se lisent comme un générique de film à Oscars. Et en invité spécial : La Main gauche, opéra flambant neuf signé Ramon Lazkano, d’après Jean Echenoz. Une création mondiale, carrément.

Et puis y’a les hommages, façon scènes bonus : Erik Satie, le trublion qui composait avec un verre de vin blanc à la main, fêté avec ses Vexations jouées 840 fois (oui, vous avez bien lu, 840 : à côté, la BO de Titanic paraît courte). Centenaire aussi pour Pierre Boulez, le chef qui dynamitait les partitions comme d’autres les blockbusters. Et clin d’œil à Berio, parce que 1925 fut aussi son année de naissance. Bref, du name-dropping savant à donner le tournis.

L’Académie, Hollywood des jeunes pousses

Pendant que les grands squattent les scènes, l’Académie Ravel bosse en coulisses. Chaque été, des jeunes du monde entier viennent se frotter aux maestros. En 2025, ça s’annonce velu : nouvelles classes de flûte et clarinette, masterclasses avec compositeurs invités, et même la salle Tanka du tout frais Centre culturel Peyuco Duhart pour répéter. Chamayou a prévu des duos maître-élève à la sauce Tarantino : Sol Gabetta vs Ivan Monighetti, Chamayou vs Heisser, etc. Ça castagne en douceur, mais ça castagne quand même. Et derrière, des prix de composition qui garantissent que le Ravel de demain est déjà en train de gratter sa partition.

Pourquoi tout ce cirque ? Parce que Maurice Ravel, c’est plus qu’un compositeur. C’est une rockstar en veston trois pièces, un Basque qui mélangeait le folklore du coin avec le jazz de New York, les danses espagnoles et les comptines d’enfance. Il a composé dans sa baraque hollandaise de Ciboure, face à l’océan, en rêvant de rythmes infinis. Un siècle et demi plus tard, son fantôme continue d’agiter la baguette : impossible de s’asseoir sur un banc à Saint-Jean sans entendre un gosse fredonner le Boléro.

Alors oui, le Festival Ravel 2025, c’est du sérieux : transmission, pédagogie, patrimoine, bla-bla culturel obligatoire. Mais soyons honnêtes : c’est surtout une énorme bringue musicale où l’on passe du chœur symphonique aux tapas sans respirer, où les clarinettes croisent les pintxos, où les pizzicati se mêlent aux vagues de l’Atlantique. Un joyeux capharnaüm orchestré avec précision, comme savait le faire Maurice.


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