À Andoain, petite bourgade pépère du Pays basque sud, l’automne aurait dû ronronner tranquillou… sauf que non. Depuis que Joaquín Ferrándiz, ex-pensionnaire des barreaux pour cinq meurtres sordides commis dans les années 90, a décidé de planter sa tente pile-poil ici. Autant vous dire que là, c’est plus ambiance tisane-camomille, mais plutôt thriller Netflix en direct live. Juliet, habitante du cru, l’a résumé cash, sans chichi : « Miédo ! Mi-é-do ! » L’air de dire que même les pigeons de la Goiko Plaza devraient se balader en gilet pare-balles. Le gars avait annoncé qu’il filerait vivre à l’étranger, mais il a finalement trouvé plus confortable de poser ses valoches au pied des Pyrénées. Résultat : tout le monde mate derrière son rideau comme si Amazon Prime tournait une série en immersion.
Les affiches « Kontuz ! » fleurissent partout, plus vite que les crocus au printemps. Collées de travers, scotchées à l’arrache, on dirait une campagne de pub montée par un comité citoyen dopé à la caféine. Dessus, le visage du sexagénaire : peau rasée au cordeau, regard noir façon “viens pas me chercher”, et un message clair comme de l’eau de source : « Attention ! Le violeur et meurtrier de cinq femmes court toujours à Andoain. Hors d’Andoain ! ». Dans cette ville de 14 000 habitants où le plus gros drame de l’année est d’habitude la pluie pendant les fêtes, l’arrivée de Ferrándiz fait grimper la parano en flèche. Les familles flippent, les mamans surveillent les ados comme du lait sur le feu, et même les abuelos du coin marchent plus vite que d’habitude.
Parce que ouais, l’homme n’est pas n’importe qui : condamné à 69 ans de taule pour cinq meurtres atroces commis entre 1995 et 1996, profil de “psychopathe manipulateur” selon la Guardia Civil à l’époque, et star malgré lui des médias espagnols. Après 25 ans derrière les barreaux, il ressort, propre sur lui, comme si de rien n’était. Sauf qu’à Andoain, personne n’est venu pour tourner la page. Ici, on aimerait bien qu’il tourne surtout les talons. En attendant, la ville vit à l’heure du « Kontuz », un peu en stress, un peu en rogne, et beaucoup en mode “pas question de jouer les victimes”. Parce qu’on veut bien être accueillants, mais faut pas non plus pousser mémé dans le ravin.
Discover more from baskroom.fr
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

