SACEM, bistrot et gros son : au Pays basque, ça grince dans les platines



Au bar Xaia à Urrugne, l’ambiance est bonne… sauf quand arrive la note version SACEM. Près de 9 000 euros réclamés pour droits d’auteur impayés, et là, c’est plus une addition de pintxos, c’est carrément un coup de massue sur le comptoir. Le patron, Beñat Elizondo, ne lâche rien : pour lui, ok pour payer, mais niveau transparence sur où part le fric, c’est le flou artistique total. Depuis des années, il demande des comptes, mais côté infos, ça reste “circulez y’a rien à écouter”.

Le cafetier ne mâche pas ses mots : les sommes encaissées seraient conséquentes à l’échelle nationale, mais impossible selon lui de savoir ce qui retombe vraiment dans les poches des artistes basques. Et dans le coin, ça commence à faire causer sévère : quand la musique tourne dans les bars, la SACEM réclame son dû sans souci… mais après, pour savoir qui touche quoi, c’est silence radio et gros mystère façon boîte noire. Résultat : ça râle, ça cogite, et ça commence à chauffer sec derrière les enceintes.

De cette galère bien sonore est né le collectif Ereinez (“semer” en basque), histoire de planter un peu de débat dans le système. Artistes, commerçants, diffuseurs : tout le monde se retrouve autour de la même galette de questions bien épicées, transparence, redistribution, et place réelle des musiques locales. Le musicien Pantxix Bidart pousse le sujet : pourquoi pas un système plus lisible, plus direct, moins usine à gaz ? En attendant, le collectif compte bien monter le son pour obtenir des réponses… pendant que la SACEM, elle, reste pour l’instant en mode mute.


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