Au Pays basque, on connaissait les pintxos, le surf, les ferias… et voilà maintenant le placement santé. Etuais les gars, on n’arrête pas le progrès. À partir du 9 février 2026, le Centre Hospitalier de la Côte Basque propose une première locale qui a de quoi faire battre le cœur des épargnants : permettre aux citoyens d’investir directement dans leur hôpital public. Pas dans une start-up qui promet la lune, pas dans un fonds obscur planqué aux Bahamas. Non. Dans les médocs, les vaccins, les dispositifs médicaux. Du concret, du vital, du qui-sent-l’éther
L’idée est simple comme une prise de sang : lever 1,5 million d’euros pour financer les besoins de trésorerie liés aux achats indispensables aux soins. Médicaments, matériel de prélèvement, dispositifs médicaux… bref, tout ce qui permet de soigner sans se retrouver à court de pansements. Le tout en complément des financements bancaires habituels. Une sorte de perfusion financière citoyenne pour que l’hôpital garde la tension stable.
Et le plus piquant dans l’affaire ? On peut participer dès 1 euro. Oui, même la petite monnaie qui traîne au fond de la poche peut devenir acteur du service public. À l’autre bout du spectre, le plafond grimpe à 100 000 euros. De quoi faire bosser son épargne, qu’elle soit en mode tirelire ou portefeuille bien garni.
Un placement qui prend soin de votre capital (et du nôtre)
Le mécanisme est carré comme un bloc opératoire. L’argent est placé auprès d’un organisme bancaire sécurisé, qui le met à disposition de l’hôpital. Le capital est remboursé au bout de 12 mois, en une seule fois, avec un taux d’intérêt fixe de 3,1 % brut annuel. Pas de surprise, pas de frais pour l’investisseur, pas de yoyos façon montagnes russes boursières. C’est du placement court, lisible, transparent. En jargon de trader : ça ne fait pas des étincelles, mais ça ne part pas en vrille.
3,1 % brut, sur un an, c’est plus costaud que certains livrets réglementés qui ronronnent gentiment. Là, on parle d’un rendement qui donne un petit coup de fouet à l’épargne, sans lui faire prendre la fièvre. Et surtout, un rendement avec du sens. Parce que chaque euro injecté sert directement au fonctionnement courant de l’hôpital.
Autrement dit, votre capital ne dort pas. Il bosse. Il file acheter des médicaments, des vaccins, du matériel de soin. Il devient un petit globule rouge financier qui circule dans les veines du service public. On a vu pire comme placement à impact.
Le Centre Hospitalier de la Côte Basque explique vouloir garantir chaque jour des soins de qualité aux habitantes et habitants du territoire. Dans une logique territoriale, le bon soin, au bon moment, par la structure adaptée. Pour ça, il faut du matos, et le matos, ça ne se règle pas en promesses. Les dépenses sont immédiates, alors que certains financements institutionnels arrivent plus tard. Résultat : un trou de trésorerie à combler. Plutôt que de faire la manche, l’établissement propose aux citoyens de prêter main-forte… et portefeuille.
Une relation de confiance qui se capitalise
Ce lien nouveau entre la population et son hôpital, c’est un peu comme un check-up de la démocratie locale. D’un côté, les épargnants savent exactement où va leur argent. Pas dans un fonds nébuleux estampillé « croissance dynamique » mais dans un établissement qu’ils connaissent, où ils ont peut-être déjà mis les pieds, parfois en mode stress, parfois en mode soulagement.
De l’autre, l’hôpital diversifie ses sources de financement. Il ne s’appuie pas uniquement sur les partenaires bancaires traditionnels, mais ouvre la porte à un financement en circuit court. Moins de distance, plus d’ancrage territorial. Une sorte de circuit court de la finance, version stéthoscope.

Frédéric Espenel, directeur du Centre Hospitalier de la Côte Basque, résume l’esprit de la démarche : donner aux habitants l’opportunité de s’impliquer concrètement dans leur hôpital, en proposant un placement dans un service public de proximité dont ils connaissent l’utilité exacte. Pas besoin de sortir la calculette quantique pour comprendre l’impact : votre épargne soutient directement les soins.
Il y a dans cette opération quelque chose d’assez inédit. Une expérimentation, assumée comme telle, qui teste une nouvelle façon de financer le service public de santé. Pas question de remplacer les financements traditionnels, mais de compléter, de muscler la trésorerie, de garder le pouls stable.
Villyz, le chef d’orchestre du financement citoyen
Pour piloter l’opération, le Centre Hospitalier de la Côte Basque s’est associé à Villyz, plateforme spécialisée dans le financement citoyen pour les acteurs publics. Villyz est réglementée en tant que prestataire de financement participatif, supervisée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Autrement dit, on ne joue pas à la roulette russe avec la cagnotte.
La plateforme assure le cadre sécurisé et réglementé de l’opération. L’investisseur place son argent, l’organisme bancaire le met à disposition de l’hôpital, et au bout de 12 mois, capital et intérêts reviennent dans la poche. Simple, net, sans bistouri caché.
Le lien vers la cagnotte est d’ailleurs public : https://villyz.fr/projets/tresorerie-citoyenne-pour-lhopital-cote-basque-281. Tout est affiché, expliqué, détaillé. Pas de petites lignes écrites en corps 4. Pas de jargon incompréhensible qui donne des maux de tête.
Quand l’épargne devient un geste de santé publique
Au fond, cette initiative raconte quelque chose de plus large. Elle dit que l’épargne peut être autre chose qu’un simple matelas de sécurité ou un ticket pour la spéculation. Elle peut devenir un outil d’engagement local. Un placement qui ne se contente pas de rapporter quelques intérêts, mais qui soutient un service public essentiel.
On peut y voir un pari audacieux. Ouvrir le financement d’un hôpital aux citoyens, ce n’est pas anodin. Mais c’est aussi une façon de renforcer la confiance. De dire : voilà nos besoins, voilà le montant, voilà la durée, voilà le rendement. À vous de voir si vous voulez embarquer.
Dans une époque où l’on parle souvent de crise de confiance, de défiance envers les institutions, ce genre d’initiative a des airs de piqûre de rappel civique. On ne se contente pas de râler sur l’état du système de santé autour d’un café. On peut, si on le souhaite, mettre un billet… ou plus, pour soutenir le fonctionnement quotidien.
Alors oui, investir dans son hôpital, ça change des actions high-tech et des cryptos en montagnes russes. Ça ne fera pas la une des salles de marché de New York. Mais ça a le mérite d’être clair, local et tangible.
Au Pays basque, la santé publique se dote donc d’un nouvel outil : l’épargne citoyenne. Une ordonnance financière à 3,1 %, valable 12 mois, sans effets secondaires annoncés, si ce n’est la satisfaction d’avoir mis ses économies au service du soin. En somme, un placement qui prend soin de votre capital… et du nôtre.

