Cinquante ans après avoir tiré sa révérence, Franco continue de hanter l’Espagne comme un vieux fantôme têtu qu’on n’arrive pas à virer du canapé. Invité d’ICI Pays Basque, le prof d’histoire-géo Mathieu Elgoyhen, du lycée Villa Pia, venu causer de son bouquin Franco et le Pays Basque (éditions Elkar), l’a rappelé sans chichi : la page n’est pas tournée, même si certains voudraient la plier à grands coups d’agrafes. Et avec la montée de Vox, troisième force politique, on sent bien que le passé fait encore du bruit sous la table.
Pour Elgoyhen, c’est clair comme de l’eau de source : « non, l’Espagne n’en a pas fini ». Malgré deux lois votées pour remettre de l’ordre dans la mémoire, celle de Zapatero en 2007, puis celle de 2022, les stigmates du franquisme restent plantés dans le paysage comme des mauvaises herbes qui refusent de crever. Le prof dit même avoir relu avec des yeux ronds qu’il restait près de 6 000 symboles franquistes encore visibles. Autant dire que le ménage a été fait à la va-vite.
Alors oui, les blessures « demeurent ouvertes », répète-t-il, et pas juste une petite égratignure. Plutôt un gros bobo qui gratte depuis 50 piges. Entre nostalgies douteuses, tensions politiques et mémoire qui déraille parfois, l’Espagne continue de jongler avec son passé comme avec une patate chaude. Et au Pays basque, où ces questions rappellent des souvenirs pas franchement légers, on écoute tout ça d’une oreille attentive… et un brin fataliste.
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