Entre prix Donostia, films basques à la pelle et start-up qui se la jouent science-fiction, la 73ᵉ édition du festival de Saint-Sébastien déroule le tapis rouge du 19 au 27 septembre
Cette année, la star qui fait crépiter les flashs à Saint-Sébastien, c’est Jennifer Lawrence. L’actrice américaine, oscarisée pour Happiness Therapy en 2012 et devenue depuis une valeur sûre du box-office (de Joy à Don’t Look Up, en passant par Hunger Games et American Bluff), viendra recevoir le Prix Donostia le 26 septembre. Un trophée pas en plastique, mais une vraie récompense qui colle aux grands noms passés par là : de Glenn Close à Penélope Cruz. Bref, pas un prix en toc, mais un clap de fin honorifique pour une carrière qui continue à tourner plein pot.
Cerise sur le clapboard, Jenny présentera son nouveau long-métrage, Die My Love (Meurs mon amour), dirigé par la réalisatrice écossaise Lynne Ramsay. Un film dévoilé en avant-première mondiale à Cannes et qui débarque ici en VO, sans doublage raté ni VF approximative. Casting quatre étoiles, avec Robert Pattinson, LaKeith Stanfield, Nick Nolte et Sissy Spacek au générique : de quoi transformer l’auditorium Kursaal en véritable blockbuster live.
Mais l’actrice ne sera pas seule à monter les marches : la productrice espagnole Esther García, figure tutélaire du cinéma ibérique, se voit aussi décerner son prix Donostia. Une récompense qui sent la bobine culte et la longue carrière.
Gros plan sur le cinéma basque : Zinemira sort les projecteurs
Le Zinemaldia, ce n’est pas que du tapis rouge pour stars en Dior. C’est aussi un festival qui bichonne son terroir. Dans la section Zinemira, dédiée aux films basques, on compte treize propositions en lice pour le Prix Irizar du Cinéma Basque. Jackpot à 20 000 € pour le producteur vainqueur : de quoi payer quelques jours de tournage et deux ou trois cafés hors de prix sur la concha.
La section s’ouvre avec le docu d’Inge Mendioroz, Lurdes Iriondo, ez gera alferrik pasako, portrait d’une icône musicale vu sous un autre angle. Et ça se ferme avec Hombre Bala d’Anuska Ariztimuño, qui zoome sur la vie et la carrière du chanteur donostiarra Mikel Erentxun. Entre ces deux clap de début et clap de fin, on a du lourd : Eloy de la Iglesia, adicto al cine de Gaizka Urresti, qui adore les biopics comme d’autres collectionnent les affiches de cinoche, ou encore Arg(h)itzen, un docu collectif sur la torture en Navarre, qui ne manquera pas de provoquer quelques débats musclés au bar du festival.
Au total, le cinéma basque aligne 38 productions pour cette 73ᵉ édition : 27 longs, 5 moyens, 3 courts et 3 séries. Un vrai marathon filmique, qui ferait passer une intégrale de Fellini pour une sieste. Entre avant-premières, compètes officielles, séances spéciales et rétrospectives, y’a de quoi user ses fesses sur les fauteuils du Victoria Eugenia.
Entre deux scènes, des prix qui claquent
Pas question de zapper ! Le Prix Zinemira 2025 file droit dans les poches de deux réalisateurs maison, Telmo Esnal et Asier Altuna, habitués des caméras comme d’autres le sont des popcorns. Une récompense qui souligne le taf de longue haleine de ces artisans du grand écran, qui filment le Pays Basque avec la même tendresse que Scorsese filme New York ou Audiard ses voyous parigots.
À côté de ça, le festival fait chauffer ses projecteurs sur des gros noms espagnols : José Mari Goenaga et Aitor Arregi sortent Maspalomas, Alberto Rodríguez balance Los Tigres, et Alauda Ruiz de Azúa envoie Los domingos. Sans oublier les séances spéciales avec le vétéran Agustín Díaz Yanes et son She Walks in Darkness, ou Asier Altuna qui revient avec Karmele. Autant dire que la compétition officielle va avoir un sacré casting, et que la remise des prix risque de ressembler à un générique Marvel : long, blindé de stars et difficile à suivre.
Hors champ, mais pas hors sujet
Le Zinemaldia, c’est aussi la foire aux curiosités : des docs improbables, des courts d’animation grattés planche par planche, des séries qui débarquent en exclusivité. On aura par exemple Natura fugit de Jesus Mari Lazkano, film d’animation en stop-motion bricolé avec près de 3 000 dessins : du boulot d’orfèvre où chaque plan vaut plus cher qu’un ticket de ciné à Paris.
Autre curiosité, la section Made in Spain balance du lourd avec Helena Taberna, Julio Medem, Arantxa Echevarría et Albertina Carri. Tandis que le Velódromo fait son show avec la série pour ados Go!azen, pendant qu’EITB sort sa grosse artillerie médiatique. Même les gamins auront leur séance, avec Heidi revisité pour la section Cinéma pour enfants… de quoi occuper les marmots pendant que papa s’enfile des gin-tonics à la terrasse du Kursaal.

High-tech et clap futuriste
Mais attention, le Zinemaldia ne se cantonne pas à jouer un musée du cinéma. Depuis quelques années, le festival s’acoquine avec la tech. Le Zinemaldia & Technology revient en 2025 avec son Startup Challenge, sorte de concours Lépine version geek, où dix jeunes boîtes présentent leurs joujoux numériques pour réinventer le 7ᵉ art.
Au menu : avatars 3D générés avec un smartphone (Mimik), interprètes numériques en langue des signes (Signapse), masques de ciné imprimés en 3D ou encore applis de monitoring pour les tournages. Sans oublier les IA qui recommandent des films mieux que ton pote relou du cinéclub. Les gagnants repartent avec 10 000 balles chacun, un pour l’Espagne, un pour l’Europe, plus une mention spéciale à 3 000 € pour le côté entrepreneurial. Pas de quoi produire le prochain Avatar, mais assez pour payer une caméra correcte et deux jours de location de drones.
Générique de fin
En coulisses, le festival se transforme aussi en machine à fabriquer de l’avenir : programme Z365 tout au long de l’année, soutien aux jeunes talents via Ikusmira Berriak et Nest, collaborations avec Tabakalera pour les créations immersives ou les séries innovantes. Y’a même un axe “Cinema and Science” qui mélange projection et réflexion scientifique, histoire de prouver que le 7ᵉ art peut dialoguer avec les labos sans perdre la poésie.
Bref, entre stars hollywoodiennes, pépites basques, innovations futuristes et pintxos de crevettes, le 73ᵉ Festival international du film de Saint-Sébastien promet un scénario digne d’un blockbuster : action, émotion, surprises et standing ovations. Jennifer Lawrence en guest-star, Esther García en légende vivante, Telmo Esnal et Asier Altuna en chouchous locaux : tout ça sent la grosse ovation et les discours lacrymaux.
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